3 hadiths sur l’amitié
et la bonne compagnie
Le porteur de musc, l’amitié pour Allah et une visite sans intérêt matériel : trois hadiths sur les relations que l’on entretient.

À force d’entendre des amis se moquer d’un absent, on peut finir par participer. D’autres amis nous encouragent à tenir une promesse ou à apprendre. Le premier hadith compare ces effets de la fréquentation à une odeur que l’on emporte avec soi.
Trois hadiths éclairent des aspects différents de l’amitié : l’effet d’une fréquentation, l’attachement pour Allah et une visite faite sans attendre un avantage.
Sommaire de l’article
Le porteur de musc et le souffleur de forge
Le contexte du récit
Abu Musa al-Ashari rapporte une comparaison du Prophète ﷺ entre la bonne et la mauvaise compagnie. Le texte décrit ce que l’on peut recevoir auprès d’un porteur de musc, puis ce qui peut arriver près du soufflet d’une forge.« La bonne et la mauvaise compagnie sont comme le porteur de musc et le souffleur de forge. Le porteur de musc t’en offre, ou tu lui en achètes, ou tu trouves auprès de lui une bonne odeur. Le souffleur de forge brûle tes vêtements ou tu trouves auprès de lui une mauvaise odeur. »
Lire le texte arabe
مَثَلُ الْجَلِيسِ الصَّالِحِ وَالسَّوْءِ كَحَامِلِ الْمِسْكِ وَنَافِخِ الْكِيرِ، فَحَامِلُ الْمِسْكِ إِمَّا أَنْ يُحْذِيَكَ، وَإِمَّا أَنْ تَبْتَاعَ مِنْهُ، وَإِمَّا أَنْ تَجِدَ مِنْهُ رِيحًا طَيِّبَةً، وَنَافِخُ الْكِيرِ إِمَّا أَنْ يُحْرِقَ ثِيَابَكَ، وَإِمَّا أَنْ تَجِدَ رِيحًا خَبِيثَةً
Comprendre ce hadith
On peut sentir le parfum du musc sans en acheter. De même, on peut apprendre certaines habitudes auprès de ses amis sans qu’ils nous demandent de les imiter : écouter sans interrompre, par exemple, ou se moquer d’un absent.
La comparaison invite à regarder les comportements qui se transmettent, plutôt qu’à donner à ses connaissances des étiquettes définitives de « bonnes » et de « mauvaises » personnes.
Après un moment passé ensemble, demandez-vous ce qui vous a entraîné : une conversation utile, une moquerie à laquelle vous avez fini par participer, un encouragement à tenir votre parole ? Si un groupe tourne toujours à l’humiliation, vous pouvez refuser d’alimenter l’échange et proposer un autre sujet. Consacrer davantage de temps à des relations qui soutiennent le bien n’exige pas d’insulter ceux dont vous vous éloignez.
Lisez aussi ce que signifie parler d’un absent dans la médisance.
S’aimer pour Allah
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ cite sept catégories de personnes qu’Allah abritera de Son ombre au Jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne. Parmi elles figurent deux personnes dont l’affection se fonde sur Allah. L’extrait porte sur cette catégorie.« Deux hommes qui s’aiment pour Allah, se réunissent pour Lui et se séparent pour Lui. »
Lire le texte arabe
وَرَجُلاَنِ تَحَابَّا فِي اللَّهِ اجْتَمَعَا عَلَيْهِ وَتَفَرَّقَا عَلَيْهِ
Comprendre ce hadith
Ces deux personnes s’aiment pour Allah : leur affection ne dépend pas d’un cadeau, d’un service ou d’un avantage à obtenir. Le hadith mentionne cette intention lorsqu’elles se réunissent comme lorsqu’elles se séparent.
Vous pouvez souhaiter du bien à votre ami même sans en tirer d’avantage : vous réjouir d’une réussite qui l’éloigne, l’encourager dans un engagement utile ou lui signaler une erreur avec respect.
L’affection ne réclame pas une disponibilité permanente. Deux amis peuvent avoir des horaires, des responsabilités et des périodes de fatigue différents. Prendre ces contraintes au sérieux permet de ne pas faire d’un retard de réponse une accusation immédiate.
Visiter un ami sans rien lui réclamer
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte un récit du Prophète ﷺ : un homme part visiter un frère dans une autre localité. Allah place un ange sur son chemin. Celui-ci lui demande où il va et s’il lui a rendu un service dont il espère une contrepartie. Le visiteur répond :« Non, si ce n’est que je l’aime pour Allah, Puissant et Majestueux. »
Lire le texte arabe
لاَ غَيْرَ أَنِّي أَحْبَبْتُهُ فِي اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ
Comprendre ce hadith
L’ange annonce ensuite au visiteur qu’Allah l’aime comme il a aimé son frère pour Lui. L’homme ne rendait pas cette visite pour obtenir le remboursement d’une dette ou demander un service.
Appelez votre ami pour prendre de ses nouvelles, proposez de passer un moment ensemble ou demandez comment évolue une difficulté qu’il vous avait confiée. Vous pouvez le faire sans attendre d’avoir un service à lui demander.
Une visite reste à ajuster à celui qui la reçoit. Prévenir, accepter un refus et choisir un moment convenable font partie d’une relation respectueuse ; traverser une distance ne donne pas le droit d’imposer sa présence. Si votre ami est épuisé, un message court peut mieux lui convenir.
En pratique
- Votre groupe se moque d’un absentNe relancez pas les plaisanteries ; proposez une conversation qui n’humilie personne.Comprendre la comparaison du musc
- Un ami vous demande une approbation automatiqueDites avec respect ce qui vous inquiète au lieu de soutenir un tort pour lui faire plaisir.Lire le passage sur l’amitié pour Allah
- Vous n’avez plus donné de nouvellesContactez votre ami sans demande cachée et demandez quel moment lui conviendrait.Lire le récit de la visite
Sources
- Sahih al-Bukhari · 5534Le porteur de musc et le souffleur de forge
- Sahih al-Bukhari · 660S’aimer pour Allah
- Sahih Muslim · 2567aVisiter un ami sans rien lui réclamer