5 hadiths sur la mère
et les parents
Bien traiter ses parents, les aider, accueillir une mère non musulmane et invoquer après un décès : cinq récits expliqués.

Qui mérite le plus notre attention ? Comment traiter un parent qui ne partage pas notre foi ? Que peut-on encore faire pour lui après sa mort ?
Ces cinq hadiths authentiques, rapportés par al-Bukhari et Muslim, abordent la bonté envers les parents, ou birr al-wālidayn, à travers des questions posées au Prophète ﷺ et des gestes racontés par ses compagnons.
Sommaire de l’article
« Ta mère », trois fois, puis « ton père »
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte qu’un homme vient demander au Messager d’Allah ﷺ qui mérite le plus sa bonne compagnie. Voici l’échange qui suit cette question :« Le Prophète répond : « Ta mère. » L’homme demande : « Puis qui ? » Il répond : « Ta mère. » L’homme demande : « Puis qui ? » Il répond : « Ta mère. » L’homme demande : « Puis qui ? » Il répond : « Puis ton père. » »
Lire le texte arabe
قَالَ أُمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ قَالَ أُمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ قَالَ أُمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ قَالَ ثُمَّ أَبُوكَ
Comprendre ce hadith
L’homme demande qui mérite le plus sa bonne compagnie : qui il doit bien traiter et à qui il doit accorder son attention. Le Prophète ﷺ répond trois fois « ta mère », puis nomme le père. La répétition insiste sur la place de la mère sans exclure le père.
Bien traiter un parent concerne aussi la façon de lui parler. L’aider avec impatience, lui couper la parole ou lui faire sentir qu’il dérange peut le blesser, même si le service demandé est rendu. Écouter sa réponse jusqu’au bout ou lui expliquer un courrier sans s’agacer sont des exemples simples de cette attention.
Pour savoir quelle aide serait bienvenue, vous pouvez lui demander : « De quoi aurais-tu besoin cette semaine ? » Il souhaitera peut-être une visite, un appel ou de l’aide pour une démarche. Le hadith ne fixe pas une répartition chiffrée des visites ou des dépenses entre les deux parents.
Pour les conversations difficiles, lisez aussi le conseil de dire du bien ou de se taire.
À cet homme qui veut partir, le Prophète demande de servir ses parents
Le contexte du récit
‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘As rapporte qu’un homme demande au Prophète ﷺ s’il doit participer au jihad. Le Prophète lui demande s’il a ses deux parents. L’homme répond que oui. Le Prophète lui dit alors :« Alors, consacre ton effort à eux deux. »
Lire le texte arabe
فَفِيهِمَا فَجَاهِدْ
Comprendre ce hadith
L’homme demande à participer au jihad ; le Prophète ﷺ lui répond de consacrer son effort à ses parents. Le même verbe exprime ici un effort dirigé vers eux. Les servir a donc une valeur religieuse, même si cette aide se déroule à la maison et reste peu visible.
Accompagner un parent à un rendez-vous, faire ses courses ou lui expliquer plusieurs fois une démarche peut demander beaucoup de temps. Si plusieurs proches peuvent aider, répartir ces tâches évite que tout repose sur une seule personne.
Le Prophète répond à cet homme en particulier. Ce récit ne permet pas de conclure qu’un enfant doit renoncer à tout départ pour rester auprès de ses parents.
Asma’ doit-elle accueillir sa mère non musulmane ?
Le contexte du récit
Asma’ bint Abu Bakr raconte que sa mère vient la voir du vivant du Messager d’Allah ﷺ. Sa mère est alors polythéiste et souhaite recevoir du bien de sa fille. Asma’ interroge le Prophète pour savoir si elle doit entretenir le lien avec elle. Il répond :« Oui, entretiens le lien avec ta mère. »
Lire le texte arabe
نَعَمْ صِلِي أُمَّكِ
Comprendre ce hadith
Asma’ hésite à accueillir sa mère parce qu’elle n’est pas musulmane. Le Prophète ﷺ lui demande de maintenir le lien avec elle. La différence de religion ne justifie donc pas, dans ce récit, de la repousser.
Si vos parents ne partagent pas votre foi, prendre de leurs nouvelles, les recevoir ou les aider reste une manière de leur témoigner de l’affection. Chaque conversation n’a pas besoin de devenir un débat religieux.
La réponse porte sur le maintien du lien avec sa mère. Elle ne signifie pas qu’Asma’ doive adopter ses croyances.
Garder le contact avec les proches de son père
Le contexte du récit
Ibn Dinar raconte une rencontre sur la route de La Mecque. ‘Abdullah ibn ‘Umar salue un Bédouin, lui donne l’âne qu’il montait ainsi que son turban. Ses compagnons s’étonnent d’une telle générosité, estimant que cet homme se serait contenté de peu.
Ibn ‘Umar explique que le père de cet homme était un ami cher à son propre père, ‘Umar ibn al-Khattab. Il cite alors cette parole entendue du Messager d’Allah ﷺ :
« Parmi les plus grandes formes de bonté figure le fait, pour l’enfant, d’entretenir les liens avec les personnes que son père aimait. »
Lire le texte arabe
إِنَّ أَبَرَّ الْبِرِّ صِلَةُ الْوَلَدِ أَهْلَ وُدِّ أَبِيهِ
Comprendre ce hadith
Le récit invite à ne pas oublier les personnes que son père aimait. Prendre des nouvelles d’un vieil ami, lui rendre visite ou garder le contact avec sa famille sont des façons de prolonger ces relations. Après un décès, ces personnes peuvent aussi partager des souvenirs du parent disparu.À lire aussi : entretenir les liens avec les autres membres de sa famille.
Invoquer pour son parent après sa mort
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte un enseignement général du Messager d’Allah ﷺ sur ce dont le bénéfice se poursuit après la mort :« Lorsque l’être humain meurt, ses œuvres s’interrompent, sauf dans trois cas : une aumône durable, un savoir dont on tire profit, ou un enfant pieux qui invoque pour lui. »
Lire le texte arabe
إِذَا مَاتَ الإِنْسَانُ انْقَطَعَ عَنْهُ عَمَلُهُ إِلاَّ مِنْ ثَلاَثَةٍ إِلاَّ مِنْ صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ
Comprendre ce hadith
Le hadith cite trois choses dont le bénéfice demeure après la mort : une aumône durable, un savoir utile et un enfant pieux qui invoque pour le défunt. Cette dernière mention concerne directement la relation aux parents.
Si vous avez perdu un parent musulman, vous pouvez invoquer Allah en sa faveur. Vous pouvez le faire alors que vous êtes encore triste ; il n’est pas nécessaire d’attendre que le chagrin passe.
La mention d’un « enfant pieux » encourage à soigner sa propre conduite. Elle ne donne pas de raison de renoncer à invoquer parce qu’on a soi-même des fautes à corriger.
En pratique
- Vous manquez de temps ensemblePrévoir un moment d’écoute et demander ce qui ferait réellement plaisir à votre parent.Lire le hadith sur la bonne compagnie
- Un parent a besoin d’aideChoisir une tâche précise et, si nécessaire, organiser une aide partagée.Lire le récit sur le service des parents
- Vous ne partagez pas la même foiAsma’ demande au Prophète si elle doit maintenir le lien avec sa mère polythéiste. Lisez sa réponse.Lire la réponse faite à Asma’
- Vous avez perdu un parent musulmanLe hadith cite l’invocation d’un enfant pieux parmi les choses qui bénéficient au défunt.Lire le hadith sur l’invocation de l’enfant
Sources
- Sahih al-Bukhari · 5971La bonne compagnie
- Sahih al-Bukhari · 5972L’effort pour les aider
- Sahih al-Bukhari · 2620Une différence de religion
- Sahih Muslim · 2552aLes amis du père
- Sahih Muslim · 1631Après un décès