3 hadiths sur les cadeaux : offrir et recevoir sans mépris

Accepter un présent modeste, donner en retour et ne pas dénigrer le cadeau d’une voisine : trois hadiths expliqués.

3 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Un cadeau peut être reçu avec joie ou immédiatement évalué : sa marque, son prix, sa comparaison avec un autre. Celui qui veut offrir peut, lui aussi, renoncer parce qu’il juge son présent trop petit. Les hadiths réunis ici déplacent l’attention vers le geste : accepter, répondre à la générosité et ne pas rabaisser ce qui est offert.

Ils concernent des présents ordinaires entre personnes. Un morceau de nourriture y a sa place ; nul besoin d’attendre une grande occasion ou un achat coûteux pour penser à quelqu’un.

Sommaire de l’article

Accepter même un présent modeste

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte une parole du Prophète ﷺ qui rapproche une invitation à manger et un cadeau. Le Prophète cite deux morceaux de viande, dont un pied, pour dire qu’il accepterait même ce qui paraît peu considérable.
Parole prophétique Traduction du sens

« Si l’on m’invitait pour une patte avant ou un pied, je répondrais à l’invitation ; et si l’on m’offrait une patte avant ou un pied, je l’accepterais. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

لَوْ دُعِيتُ إِلَى ذِرَاعٍ أَوْ كُرَاعٍ لأَجَبْتُ، وَلَوْ أُهْدِيَ إِلَىَّ ذِرَاعٌ أَوْ كُرَاعٌ لَقَبِلْتُ

Comprendre ce hadith

Le Prophète ﷺ disait qu’il accepterait même une petite portion de viande. Le prix ou la quantité d’un cadeau ne justifient donc pas de le mépriser.

Une portion préparée à la maison ou un objet peu coûteux peuvent ainsi être reçus sans commentaire comparatif. Dire « merci d’avoir pensé à moi » reconnaît une attention précise. Ajouter que l’on possède déjà une version plus chère ou que le cadeau ne coûte presque rien risque au contraire de blesser inutilement.

Il arrive qu’un présent soit inutilisable pour celui qui le reçoit. Expliquer sobrement une contrainte réelle, par exemple qu’on ne peut pas manger l’aliment proposé, permet de remercier sans feindre. Le récit combat le mépris du peu ; il n’oblige pas à inventer un plaisir ou une utilité que l’on ne ressent pas.

Le Prophète acceptait les cadeaux et donnait en retour

Le contexte du récit

‘Aïsha décrit une habitude du Messager d’Allah ﷺ.
Témoignage de ‘Aïsha Traduction du sens

« Le Messager d’Allah ﷺ acceptait les cadeaux et donnait quelque chose en retour. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقْبَلُ الْهَدِيَّةَ وَيُثِيبُ عَلَيْهَا

Comprendre ce hadith

Aisha rapporte deux habitudes du Prophète ﷺ : il acceptait les cadeaux et donnait en retour. Le récit ne fixe ni montant ni délai pour ce retour.

‘Aïsha ne donne ici ni montant ni délai. On ne peut donc pas transformer cette phrase en facture à rembourser, ni exiger du destinataire un cadeau de même prix avant une date déterminée. Offrir avec l’attente d’un retour obligatoire ferait peser sur l’autre une condition que l’on n’a pas annoncée.

Pour répondre à un geste, on peut choisir un présent adapté à la personne et à ses moyens : un aliment qu’elle apprécie, un objet dont elle a besoin. Si vous ne pouvez rien acheter, remercier avec sincérité reste possible. Le manque d’argent ne justifie ni de s’endetter pour sauver les apparences ni de se tenir à l’écart par embarras.

Ne pas dénigrer le cadeau d’une voisine

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte cette recommandation du Prophète ﷺ aux femmes musulmanes. La relation évoquée est celle de deux voisines et le présent cité est très modeste.
Parole prophétique Traduction du sens

« Ô femmes musulmanes, qu’aucune voisine ne méprise ce qui vient de sa voisine, même un pied de mouton. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

يَا نِسَاءَ الْمُسْلِمَاتِ لاَ تَحْقِرَنَّ جَارَةٌ لِجَارَتِهَا وَلَوْ فِرْسِنَ شَاةٍ

Comprendre ce hadith

Le choix d’un présent aussi petit rend la recommandation accessible aux personnes qui ont peu. Attendre de pouvoir offrir beaucoup peut empêcher un échange qui aurait déjà été apprécié. Du côté de celle qui reçoit, le peu ne donne aucun motif de rabaisser sa voisine.

Cette retenue concerne aussi les commentaires faits après le départ de la personne. Publier la photo du présent pour s’en moquer, raconter son prix en riant ou le comparer aux cadeaux d’un autre proche prolonge le mépris au-delà de l’échange initial.

Pour celui qui donne, un cadeau simple peut être choisi avec soin : vérifier que l’aliment convient, remettre un objet propre et utilisable, éviter une quantité qui encombre. La modestie du budget n’empêche pas cette attention au destinataire.

À lire aussi : prévoir une part du repas pour ses voisins.

En pratique

Sources

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