5 hadiths sur la gratitude
et la reconnaissance
Remercier Allah après un repas, prier par reconnaissance et partager ce que l’on a reçu.

Comment remercier Allah pour ce que l’on reçoit chaque jour ? Et comment cesser de regarder seulement ce que les autres ont de plus ?
Ces cinq hadiths authentiques sur la gratitude, rapportés par al-Bukhari et Muslim, parlent du shukr, la reconnaissance : louer Allah après un repas, prier pour Le remercier, employer son temps et aider celui qui demande.
Sommaire de l’article
Remercier Allah après avoir mangé ou bu
Le contexte du récit
Anas ibn Malik rapporte cet enseignement du Messager d’Allah ﷺ à propos de deux gestes quotidiens : manger et boire. Il dit :إِنَّ اللَّهَ لَيَرْضَى عَنِ الْعَبْدِ أَنْ يَأْكُلَ الأَكْلَةَ فَيَحْمَدَهُ عَلَيْهَا أَوْ يَشْرَبَ الشَّرْبَةَ فَيَحْمَدَهُ عَلَيْهَا
« Allah est satisfait du serviteur qui mange un repas et Le loue pour cela, ou qui boit une boisson et Le loue pour cela. »
Comprendre ce hadith
Le hadith associe la satisfaction d’Allah à la louange du serviteur après un repas ou une boisson. Il ne réserve pas cette reconnaissance à un événement exceptionnel : manger et boire en sont déjà des occasions.
Dire al-hamdu lillah, « la louange appartient à Allah », permet de Le remercier pour ce repas. Prendre le temps de comprendre ces mots aide à ne pas les prononcer uniquement par habitude.
À lire aussi : la louange et les bonnes manières au repas.
Pourquoi le Prophète priait-il autant alors qu’il était déjà pardonné ?
Le contexte du récit
Aisha raconte que le Prophète ﷺ prie la nuit au point que ses pieds se crevassent. Elle lui demande pourquoi il accomplit un tel effort alors qu’Allah lui a pardonné ses fautes passées et futures. Il lui répond :« Ne devrais-je pas aimer être un serviteur reconnaissant ? »
Lire le texte arabe
أَفَلاَ أُحِبُّ أَنْ أَكُونَ عَبْدًا شَكُورًا
Comprendre ce hadith
Le mot shakūr désigne ici un serviteur profondément reconnaissant. Dans ce récit, la reconnaissance se traduit par la prière. Vous pouvez vous rappeler cette intention lorsque vous priez, en pensant à un bienfait pour lequel vous souhaitez remercier Allah.
Le récit décrit l’effort du Prophète ; il ne demande pas de prier jusqu’à se faire mal. La douleur physique n’est pas une mesure de la gratitude, notamment pour une personne dont la maladie limite les gestes.
Muslim 2999 rapproche ces deux attitudes : remercier dans l’aisance et patienter dans la difficulté.
Les comparaisons peuvent faire oublier ce que l’on a reçu
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte ce conseil du Prophète ﷺ. Une autre version du même enseignement, Muslim 2963a, mentionne les comparaisons concernant les biens et la constitution physique. C’est dans ce domaine que se comprend le regard conseillé ici :« Regardez ceux qui ont moins que vous, et ne regardez pas ceux qui ont plus que vous : cela est plus propre à vous préserver de déprécier le bienfait d’Allah. »
Lire le texte arabe
انْظُرُوا إِلَى مَنْ أَسْفَلَ مِنْكُمْ وَلاَ تَنْظُرُوا إِلَى مَنْ هُوَ فَوْقَكُمْ فَهُوَ أَجْدَرُ أَنْ لاَ تَزْدَرُوا نِعْمَةَ اللَّهِ
Comprendre ce hadith
Le hadith indique lui-même le but du conseil : ne pas tenir pour peu les bienfaits d’Allah. Lorsque l’attention reste fixée sur ce qui manque par rapport à autrui, ce que l’on possède déjà risque de ne plus compter. Un logement, un repas ou une capacité utile peuvent perdre toute valeur à nos yeux parce que quelqu’un paraît mieux pourvu.
« Ceux qui ont moins » ne désigne pas des personnes de moindre valeur. La comparaison concerne une situation et des avantages reçus. Elle ne classe pas la dignité des êtres humains.
Si des comptes montrant des voyages, des achats ou des apparences vous laissent toujours insatisfait, cessez de les suivre quelque temps. Vous aurez moins d’occasions de comparer votre quotidien à ce qui y est montré.
Ce conseil s’adresse à notre propre regard. Le lancer à quelqu’un qui souffre — « il y a pire que toi » — peut fermer la conversation au moment où cette personne a besoin d’être entendue. Reconnaître un bienfait ne rend pas une injustice acceptable et n’empêche pas de chercher à améliorer sa situation.
Ne pas gaspiller sa santé et son temps libre
Le contexte du récit
Ibn Abbas transmet une parole brève du Prophète ﷺ sur deux bienfaits que l’on peut posséder sans en faire bon usage :« Il est deux bienfaits dont beaucoup de gens ne tirent pas profit : la santé et le temps libre. »
Lire le texte arabe
نِعْمَتَانِ مَغْبُونٌ فِيهِمَا كَثِيرٌ مِنَ النَّاسِ، الصِّحَّةُ وَالْفَرَاغُ
Comprendre ce hadith
Le mot arabe maghbūn évoque celui qui perd dans un échange. Ici, la perte consiste à disposer de santé et de temps libre sans les employer à faire du bien.
Si vous disposez aujourd’hui d’un moment et des forces nécessaires, vous pouvez les consacrer à une prière, à un apprentissage ou à une aide attendue par un proche. Choisir un acte précis permet de sortir du souhait vague de « faire mieux un jour ».
Cela ne transforme pas chaque minute en obligation de produire. Se reposer, préserver ses forces et consacrer du temps aux siens font partie des besoins d’une vie humaine. Le hadith ne dit pas que le temps de repos est du temps perdu.
Une personne malade, un parent épuisé ou quelqu’un qui porte une lourde charge quotidienne ne dispose pas des mêmes marges qu’une personne reposée. Choisissez ce que vous pouvez faire avec le temps et les forces dont vous disposez.
Guéri et devenu riche, il n’oublie pas ce qu’Allah lui a donné
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte un récit du Prophète ﷺ concernant trois hommes des fils d’Israël : l’un atteint d’une maladie de peau, un autre de calvitie, et le troisième aveugle. Allah les met à l’épreuve. Un ange vient auprès d’eux ; ils obtiennent la guérison souhaitée et reçoivent du bétail, qui se multiplie.
L’ange revient ensuite sous l’apparence d’un homme dans le besoin. Les deux premiers refusent de l’aider et prétendent avoir hérité de leurs biens. Au troisième, il demande une brebis pour poursuivre son voyage. L’homme qui a retrouvé la vue lui répond :
« J’étais aveugle et Allah m’a rendu la vue. Prends ce que tu veux et laisse ce que tu veux. »
Lire le texte arabe
قَدْ كُنْتُ أَعْمَى فَرَدَّ اللَّهُ إِلَىَّ بَصَرِي فَخُذْ مَا شِئْتَ وَدَعْ مَا شِئْتَ
Comprendre ce hadith
L’ange lui révèle ensuite qu’ils ont été éprouvés et lui annonce la satisfaction d’Allah à son égard, contrairement à ses deux compagnons. La réponse citée est celle de l’homme dans le récit : il reconnaît ce qu’Allah lui a accordé et se montre disposé à donner.
Les deux premiers hommes prétendent avoir hérité de leurs biens et refusent d’aider le voyageur. Le troisième reconnaît qu’Allah lui a rendu la vue et accepte de partager. Tous ont reçu ; leurs réponses à la demande d’aide diffèrent.
Si vous souhaitez aider quelqu’un, partez de son besoin et de ce que vous pouvez donner : payer une course, prêter du matériel ou consacrer du temps à un service. Tenez aussi compte des besoins de votre foyer.
Le récit n’établit pas que toute personne reconnaissante deviendra riche, ni qu’une maladie révèle l’ingratitude de celui qui la traverse. Les trois hommes sont éprouvés après avoir été guéris et enrichis : que vont-ils faire de ce qu’ils ont reçu ?
En pratique
- Vous cherchez un premier gesteAprès un repas ou une boisson, prendre un instant pour louer Allah en pensant au bienfait reçu.Lire le hadith sur la louange
- Les comparaisons vous épuisentSi un compte vous pousse sans cesse à comparer vos biens aux siens, cessez de le suivre quelque temps.Relire le conseil sur les comparaisons
- Vous remettez toujours à plus tardChoisissez ce que vous remettez à plus tard : apprendre une invocation, appeler un proche ou rendre un service.Lire le hadith sur le temps et la santé
- Vous souhaitez partager un bienfaitChoisir une aide concrète que vous pouvez apporter sans mettre votre foyer en difficulté.Découvrir le récit des trois hommes
Sources
- Sahih Muslim · 2734aLouer Allah au quotidien
- Sahih al-Bukhari · 4837Prier par reconnaissance
- Sahih Muslim · 2963cLes comparaisons entre bienfaits
- Sahih al-Bukhari · 6412La santé et le temps libre
- Sahih Muslim · 2964Se souvenir et partager
Cette version mentionne explicitement les biens et la constitution physique : Sahih Muslim 2963a et son contexte de comparaison.
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