3 hadiths sur l’humilité et l’orgueil

Accepter la vérité, respecter les autres et servir sa famille : trois hadiths pour comprendre l’humilité sans se dévaloriser.

3 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

On peut aimer de beaux vêtements sans mépriser personne. On peut aussi parler modestement tout en refusant d’admettre une erreur. Pour comprendre l’humilité en islam, l’apparence ne suffit donc pas : il faut regarder la manière d’accueillir la vérité et de traiter les autres.

Trois hadiths précisent cette différence. Le premier répond à une inquiétude sur la beauté des habits ; le deuxième promet l’élévation à celui qui se montre humble pour Allah ; le troisième décrit le Prophète ﷺ au service des siens. L’humilité se reconnaît ainsi dans une correction acceptée, une personne respectée ou une tâche accomplie sans se croire au-dessus d’elle.

Sommaire de l’article

L’orgueil, c’est rejeter la vérité et mépriser les gens

Le contexte du récit

Abd Allah ibn Masud rapporte que le Prophète ﷺ avertit de la gravité d’un poids infime d’orgueil dans le cœur. Un homme demande alors ce qu’il en est de celui qui aime avoir de beaux vêtements et de belles chaussures. Le Prophète répond :
Parole prophétique Traduction du sens

« Allah est Beau et Il aime la beauté. L’orgueil, c’est rejeter la vérité et mépriser les gens. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ يُحِبُّ الْجَمَالَ الْكِبْرُ بَطَرُ الْحَقِّ وَغَمْطُ النَّاسِ

Comprendre ce hadith

Aimer de beaux vêtements ou de belles chaussures n’est pas la définition de l’orgueil donnée ici. Le Prophète ﷺ le définit par deux comportements : rejeter la vérité et mépriser les gens.

Une correction peut être difficile à recevoir parce qu’elle vient d’un collègue plus jeune, d’un enfant ou de quelqu’un que l’on apprécie peu. Il faut alors examiner ce qui a été dit : est-ce exact ? Le rang de la personne ne change pas le fait. Reconnaître « tu as raison sur ce point » évite de défendre une erreur uniquement pour conserver l’avantage dans la conversation.

Le mépris peut apparaître dans des gestes ordinaires : couper systématiquement la parole, se moquer d’un accent, ignorer celui qui assure l’entretien d’un lieu. À l’inverse, écouter et saluer ne demandent pas de nier ses propres compétences. On peut connaître davantage un sujet et expliquer ce que l’on sait sans humilier celui qui apprend.

Le début du hadith contient un avertissement sévère sur l’orgueil et le Paradis. Il invite à surveiller son propre cœur ; il ne nous donne pas connaissance du sort final d’une personne que nous jugeons arrogante.

Se montrer humble pour Allah ne retire pas sa dignité

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte une parole du Messager d’Allah ﷺ qui associe trois enseignements : l’aumône ne diminue pas les biens, le pardon augmente l’honneur, et l’humilité pour Allah conduit à l’élévation. Voici le dernier :
Parole prophétique Traduction du sens

« Personne ne se montre humble pour Allah sans qu’Allah ne l’élève. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

وَمَا تَوَاضَعَ أَحَدٌ لِلَّهِ إِلاَّ رَفَعَهُ اللَّهُ

Comprendre ce hadith

Le texte précise « pour Allah ». L’humilité n’est donc pas un rôle joué pour recevoir des compliments sur sa modestie. Elle peut demander de reconnaître discrètement une faute ou de laisser quelqu’un d’autre recevoir le mérite de son travail, sans réclamer ensuite qu’on remarque ce renoncement.

Elle ne demande pas davantage de répéter que l’on ne vaut rien. Refuser de s’attribuer une supériorité sur les autres est différent de nier ce que l’on sait faire. Si une tâche correspond à votre compétence, vous pouvez l’accepter et en assumer la responsabilité. Vous pouvez aussi dire ce que vous ignorez et demander de l’aide.

La promesse d’élévation n’est pas une garantie de promotion ou de reconnaissance immédiate. Il arrive qu’une personne reste injuste malgré une réponse humble. Poser une limite, expliquer un désaccord ou réclamer un droit n’exige pas de rabaisser l’autre et ne devient pas, par lui-même, une manifestation d’orgueil.

Dans un travail collectif, citer celui qui a proposé une bonne idée est une application simple : « Cette solution vient de telle personne. » On rétablit un fait sans s’effacer artificiellement ni s’attribuer ce qui revient à autrui.

Le Prophète ﷺ était au service de sa famille

Le contexte du récit

Al-Aswad demande à Aïcha ce que le Prophète ﷺ faisait chez lui. Elle répond en décrivant son occupation à la maison et son départ quand venait la prière :
Récit d’Aïcha Traduction du sens

« Il était au service de sa famille ; lorsque venait la prière, il sortait pour prier. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

كَانَ يَكُونُ فِي مِهْنَةِ أَهْلِهِ ـ تَعْنِي خِدْمَةَ أَهْلِهِ ـ فَإِذَا حَضَرَتِ الصَّلاَةُ خَرَجَ إِلَى الصَّلاَةِ

Comprendre ce hadith

Aisha décrit le Prophète ﷺ occupé à servir sa famille, puis sortant pour la prière lorsque son heure arrivait.

À la maison, on peut se croire disponible pour toutes les grandes causes et laisser pourtant les tâches répétitives à une seule personne. Mettre la table, ranger ce que l’on vient d’utiliser ou prendre sa part d’une course nécessaire sont des exemples actuels de ce service. Leur simplicité ne les rend pas indignes d’une personne instruite ou responsable.

Aider sans attendre une demande permet aussi de ne pas laisser à l’autre toute l’organisation. Demandez une fois comment la tâche se fait, puis prenez-la réellement en charge. Un geste accompli en rappelant longuement son mérite peut rendre le service pénible à recevoir.

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En pratique

Sources

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