3 hadiths sur les intentions
et la sincérité

Pourquoi agir, pour qui donner, que valent les apparences ? Trois hadiths pour comprendre la niya et la sincérité envers Allah.

3 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Deux personnes peuvent accomplir le même geste sans rechercher la même chose. Un don peut répondre au besoin de quelqu’un, mais aussi devenir une manière d’obtenir des compliments. Une dépense familiale peut être vécue comme une charge ordinaire ou accompagnée du désir de plaire à Allah. Les hadiths sur l’intention invitent à regarder cette motivation.

La niya désigne l’intention ; la sincérité, souvent appelée ikhlas, concerne le fait de vouer son action à Allah. Ces trois textes abordent la motivation, la vie familiale et la place du cœur avec les actes. Ils ne demandent pas de deviner les intentions des autres à partir de leur réputation, de leur richesse ou d’une photographie.

Sommaire de l’article

Les actes et ce que l’on recherche

Le contexte du récit

Umar ibn al-Khattab raconte avoir entendu le Messager d’Allah ﷺ enseigner le rôle des intentions. Le hadith donne ensuite l’exemple d’une émigration entreprise pour un avantage de ce monde ou pour épouser une femme : elle correspond alors à ce que son auteur recherchait.
Parole prophétique Traduction du sens

« Les actes ne valent que par les intentions, et chacun n’a que ce qu’il a eu l’intention de faire. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ، وَإِنَّمَا لِكُلِّ امْرِئٍ مَا نَوَى

Comprendre ce hadith

Deux personnes peuvent faire le même voyage avec des buts différents : l’une émigre pour Allah et Son Messager, l’autre recherche un avantage matériel ou un mariage. L’exemple distingue le déplacement visible du but recherché.

Avant de vous engager dans une aide, vous pouvez vous demander ce que vous cherchez : soulager une difficulté, recevoir de la reconnaissance, rendre un service que vous pourrez ensuite réclamer ? Cette question peut faire apparaître une attente que vous n’aviez pas formulée. Vous pouvez alors corriger votre intention et effectuer le service sans le transformer en dette personnelle.

Examiner sa motivation n’oblige pas à suspendre toute bonne action jusqu’à éprouver une certitude parfaite sur soi. Le hadith porte l’attention sur le but de l’acte.

Chercher Allah dans une dépense familiale

Le contexte du récit

Sa’d bin Abi Waqqas rapporte cette parole que le Messager d’Allah ﷺ lui adresse. L’enseignement porte sur la dépense accomplie en recherchant Allah, jusqu’à un geste envers son épouse.
Parole prophétique Traduction du sens

« Tu ne feras aucune dépense en recherchant le Visage d’Allah sans en être récompensé, même pour ce que tu mets dans la bouche de ton épouse. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

إِنَّكَ لَنْ تُنْفِقَ نَفَقَةً تَبْتَغِي بِهَا وَجْهَ اللَّهِ إِلَّا أُجِرْتَ عَلَيْهَا حَتَّى مَا تَجْعَلُ فِي فَمِ امْرَأَتِكَ

Comprendre ce hadith

La dépense pour sa famille peut être récompensée lorsqu’on recherche par elle l’agrément d’Allah. Le hadith va jusqu’à citer la bouchée donnée à son épouse : une attention quotidienne entre donc dans ce propos.

L’expression « rechercher le Visage d’Allah » signifie ici agir pour Lui. Elle décrit l’intention qui accompagne la dépense pour son épouse.

Lorsqu’un proche dépend de vous pour ses courses, vous pouvez accomplir cette tâche en recherchant Allah, sans attendre qu’elle soit spectaculaire. Cela peut aussi modifier la manière de rendre service : demander ce dont la personne a besoin, respecter ses préférences et éviter de lui rappeler constamment le coût de votre aide.

Lisez aussi le sens de l’aumône au sein de la famille.

Le cœur et les actes, pas le prestige

Le contexte du récit

Abu Hurayra transmet cette parole du Messager d’Allah ﷺ. Elle oppose les apparences et les biens à ce qu’Allah regarde : les cœurs et les actes.
Parole prophétique Traduction du sens

« Allah ne regarde pas vos apparences ni vos biens, mais Il regarde vos cœurs et vos actes. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

إِنَّ اللَّهَ لاَ يَنْظُرُ إِلَى صُوَرِكُمْ وَأَمْوَالِكُمْ وَلَكِنْ يَنْظُرُ إِلَى قُلُوبِكُمْ وَأَعْمَالِكُمْ

Comprendre ce hadith

Il faut conserver les deux derniers mots du sens : le cœur et les actes. Dire « mon cœur est bon » ne permet pas d’écarter ce que l’on fait subir aux autres. Inversement, posséder peu ou ne pas avoir une apparence admirée n’empêche pas de chercher Allah sincèrement dans ses actions.

Ce texte déplace aussi le regard porté sur autrui. La visibilité d’une personne, le montant de ses dons ou son aisance à parler ne permettent pas de mesurer sa sincérité. Un donateur discret et un bénévole chargé d’une tâche peu remarquée ne sont pas moins dignes d’attention parce que personne ne raconte leur travail.

Dans une action collective, vous pouvez accepter une tâche utile qui ne sera pas mise en avant : ranger après une distribution, vérifier les besoins ou livrer un colis. Si vous devez communiquer sur le projet, décrivez le travail accompli sans prétendre connaître la valeur des intentions. Le hadith permet de sortir de la comparaison des apparences ; il ne donne à personne l’accès au cœur de son voisin.

En pratique

Sources

Revenir au début de la lecture ↑