5 hadiths sur la lecture et l’apprentissage du Coran
Lire malgré les hésitations, réviser ce que l’on apprend et préserver son intention : cinq hadiths pour accompagner la lecture du Coran.

Lire le Coran peut être facile certains jours et laborieux à d’autres moments. Un débutant cherche ses lettres ; une personne qui a mémorisé découvre qu’elle oublie ; une autre récite aisément mais s’interroge sur son intention.
Ces cinq hadiths parlent de ces difficultés sans réduire la lecture à une vitesse ou à un nombre de pages. Ils encouragent l’apprentissage, la révision et la sincérité, avec une promesse d’intercession au Jour de la Résurrection.
Sommaire de l’article
Apprendre le Coran et le transmettre
Le contexte du récit
Uthman rapporte une parole du Prophète ﷺ sur ceux qui apprennent le Coran et l’enseignent. Le récit mentionne aussi Abu Abd al-Rahman as-Sulami, qui explique que cet enseignement l’a conduit à consacrer son temps à enseigner le Coran :« Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui apprennent le Coran et l’enseignent. »
Lire le texte arabe
خَيْرُكُمْ مَنْ تَعَلَّمَ الْقُرْآنَ وَعَلَّمَهُ
Comprendre ce hadith
Le hadith cite à la fois l’apprentissage du Coran et son enseignement. On peut donc continuer à apprendre tout en transmettant ce que l’on connaît correctement, sans expliquer un passage ou corriger une récitation que l’on ne maîtrise pas.
Si vous débutez, chercher un cours où votre lecture sera écoutée permet de repérer les erreurs que vous n’entendez pas vous-même. Apprendre une lettre, reprendre un mot ou réciter quelques lignes correctement sont déjà des activités d’apprentissage ; l’objectif ne doit pas être réservé à ceux qui savent lire une longue sourate.
Si vous accompagnez un enfant ou un proche, choisissez un passage que vous connaissez bien et faites vérifier les points incertains. Corriger une erreur avec patience aide à continuer. Il vaut mieux reconnaître une limite que transmettre avec assurance une prononciation dont on doute.
Celui qui hésite dans sa lecture n’est pas oublié
Le contexte du récit
Aisha rapporte que le Messager d’Allah ﷺ évoque deux lecteurs : l’un maîtrise la récitation, l’autre hésite et trouve cette lecture difficile. Les deux sont mentionnés dans une même parole :« Celui qui maîtrise le Coran est avec les nobles et vertueux messagers. Celui qui lit le Coran en hésitant, alors que cela lui est difficile, reçoit deux récompenses. »
Lire le texte arabe
الْمَاهِرُ بِالْقُرْآنِ مَعَ السَّفَرَةِ الْكِرَامِ الْبَرَرَةِ وَالَّذِي يَقْرَأُ الْقُرْآنَ وَيَتَتَعْتَعُ فِيهِ وَهُوَ عَلَيْهِ شَاقٌّ لَهُ أَجْرَانِ
Comprendre ce hadith
La maîtrise de la récitation est honorée, et l’effort de celui qui peine l’est aussi. Le mot « messagers » traduit ici safara, généralement compris comme les anges nobles et obéissants. La difficulté du second lecteur ne le prive donc pas de récompense.
Cette parole aide celui qui a honte de lire lentement devant des personnes plus à l’aise. Hésiter sur des lettres n’est pas une raison de renoncer à ouvrir le Coran ou à demander de l’aide. Un enseignant patient peut écouter quelques lignes, choisir une correction et laisser le temps de la travailler.
L’annonce de deux récompenses n’invite pas à entretenir volontairement ses erreurs. Le texte décrit une personne qui lit malgré une difficulté réelle. Progresser reste un bien ; la récompense de l’effort permet justement de continuer sans attendre d’être déjà un lecteur accompli.
Revenir sur ce que l’on a mémorisé
Le contexte du récit
Abu Musa rapporte une consigne du Prophète ﷺ sur la conservation du Coran en mémoire. La comparaison emploie une réalité familière à ses auditeurs : un chameau peut s’échapper lorsque l’on ne veille plus sur son attache.« Entretenez votre connaissance du Coran. Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, il s’échappe plus vite que les chameaux de leurs attaches. »
Lire le texte arabe
تَعَاهَدُوا الْقُرْآنَ فَوَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَهُوَ أَشَدُّ تَفَصِّيًا مِنَ الإِبِلِ فِي عُقُلِهَا
Comprendre ce hadith
Mémoriser une fois ne suffit pas toujours à conserver. L’image attire l’attention sur la nécessité de revenir régulièrement au texte appris, plutôt que de s’étonner que la mémoire faiblisse après une longue interruption.
Vous pouvez distinguer votre lecture nouvelle de votre révision. Par exemple, relire un passage déjà appris avant d’en aborder un autre aide à ne pas avancer en oubliant tout ce qui précède.
Si vous découvrez un oubli, ouvrez le texte et reprenez la portion concernée. Chercher la correction est plus utile que se comparer à une personne qui mémorise plus vite. Une récitation écoutée par quelqu’un de compétent permet également de distinguer un oubli ponctuel d’une erreur installée.
Lire avec l’espérance de l’intercession
Le contexte du récit
Abu Umama dit avoir entendu le Messager d’Allah ﷺ encourager la lecture du Coran. Le récit mentionne ensuite particulièrement les sourates Al-Baqara et Al Imran. Sa première invitation est la suivante :« Lisez le Coran, car il viendra au Jour de la Résurrection comme intercesseur pour ses compagnons. »
Lire le texte arabe
اقْرَءُوا الْقُرْآنَ فَإِنَّهُ يَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ شَفِيعًا لأَصْحَابِهِ
Comprendre ce hadith
Le Prophète ﷺ annonce que le Coran intercédera pour ses compagnons au Jour de la Résurrection. Il associe cette annonce à l’ordre de le lire.
Le mot « compagnons » invite à considérer la relation entretenue avec le Coran. La récitation peut s’accompagner d’un travail pour comprendre : lire une traduction du sens, demander l’explication d’un passage et chercher à appliquer ce que l’on a compris avec justesse. Une traduction aide le lecteur francophone à comprendre ; elle ne remplace pas le texte arabe.
À lire également : agir en espérant la miséricorde d’Allah.
Ne pas lire seulement pour être admiré
Le contexte du récit
Abu Hurayra, interrogé par Natil, rapporte un récit du Prophète ﷺ sur le jugement de trois hommes. L’un a appris, enseigné et récité le Coran. Il affirme l’avoir fait pour Allah, mais son intention véritable est dévoilée. Le passage rapporte cette réponse d’Allah :« Tu as menti. Tu as appris le savoir pour qu’on dise : « un savant », et tu as récité le Coran pour qu’on dise : « un récitant ». Et cela a été dit. »
Lire le texte arabe
كَذَبْتَ وَلَكِنَّكَ تَعَلَّمْتَ الْعِلْمَ لِيُقَالَ عَالِمٌ وَقَرَأْتَ الْقُرْآنَ لِيُقَالَ هُوَ قَارِئٌ فَقَدْ قِيلَ
Comprendre ce hadith
Le récit poursuit avec le châtiment de cet homme. Il est sévère : l’apparence d’une œuvre religieuse ne suffit pas lorsque son but est la réputation. Apprendre, enseigner et réciter demeurent des biens, mais l’intention demande à être examinée.
Ce passage peut être relu avant de publier une récitation ou d’enregistrer sa voix : qu’est-ce que je souhaite donner à entendre, et pourquoi ? Il ne permet pas de conclure que toute récitation publique est de l’ostentation. Enseigner et faire entendre le texte peuvent être nécessaires ; le récit condamne le but recherché par l’homme dont il parle.
La vigilance ne doit pas devenir une recherche permanente de signes contre soi. Revenir à l’intention de lire pour Allah, accepter les corrections et conserver aussi une lecture privée sont des choix concrets. Le cœur d’un autre lecteur ne se juge pas à sa voix ou au nombre de personnes qui l’écoutent.
À lire également : transmettre une parole religieuse avec exactitude.
En pratique
- Vous débutez ou hésitezFaites écouter quelques lignes à une personne patiente qui peut corriger votre lecture.Lire le hadith sur la difficulté
- Vous oubliez des passagesRéservez une partie de votre lecture à un passage déjà appris et vérifiez-le dans le texte.Relire le conseil sur la révision
- Vous préparez une récitation publiqueRevenez à votre intention et accueillez une correction sans chercher seulement les compliments.Lire le récit sur l’intention
Sources
- Sahih al-Bukhari · 5027Apprendre le Coran et le transmettre
- Sahih Muslim · 798aCelui qui hésite dans sa lecture n’est pas oublié
- Sahih al-Bukhari · 5033Revenir sur ce que l’on a mémorisé
- Sahih Muslim · 804aLire avec l’espérance de l’intercession
- Sahih Muslim · 1905aNe pas lire seulement pour être admiré