3 hadiths sur les liens
de parenté
Prendre des nouvelles, ne pas seulement rendre la pareille et aider ses proches : trois hadiths sur les liens de parenté en islam.

Les liens familiaux se maintiennent dans des actes parfois très simples : répondre à une nouvelle, demander comment se passe une convalescence, rendre un service à une tante ou penser à un cousin que l’on voit peu. Quand chacun attend l’initiative de l’autre, la distance peut s’installer sans grande dispute.
Les trois hadiths qui suivent abordent la valeur de ces liens, l’effort qui dépasse la réciprocité et l’aide matérielle aux proches. La parenté ne se limite pas à la relation avec la mère et le père : frères, sœurs et autres membres de la famille ont aussi leur place dans cette attention.
Sommaire de l’article
Le mérite d’entretenir les liens de parenté
Le contexte du récit
Anas ibn Malik rapporte une parole du Messager d’Allah ﷺ qui associe l’entretien des liens de parenté à l’élargissement de la subsistance et au prolongement de l’existence :« Celui qui souhaite que sa subsistance soit élargie et que le terme de son existence soit repoussé, qu’il entretienne ses liens de parenté. »
Lire le texte arabe
مَنْ أَحَبَّ أَنْ يُبْسَطَ لَهُ فِي رِزْقِهِ، وَيُنْسَأَ لَهُ فِي أَثَرِهِ، فَلْيَصِلْ رَحِمَهُ
Comprendre ce hadith
Le hadith donne une grande valeur à des relations que l’on peut remettre à plus tard. L’attention portée à la famille n’est pas seulement une convenance sociale : elle est encouragée par une promesse de bien. Le texte ne chiffre ni une somme à gagner ni un nombre d’années à obtenir ; on ne peut donc pas convertir un appel en calcul de bénéfice personnel.
Entretenir un lien demande d’abord de savoir ce que vit l’autre. Un oncle qui ne se déplace plus, une sœur qui vient d’avoir un enfant ou un cousin nouvellement arrivé dans une ville n’ont pas forcément besoin de la même aide. Poser une question précise permet de dépasser « si tu as besoin, dis-le » : faut-il déposer des courses, aider à un trajet ou simplement rappeler un autre jour ?
La distance géographique modifie les moyens, pas l’attention que l’on peut porter. Un appel convenu, une lettre ou un message personnel peut garder une relation vivante. Il vaut mieux un échange où l’on écoute réellement qu’une série de messages identiques envoyés sans prendre connaissance des réponses.
Ne pas seulement rendre la pareille
Le contexte du récit
Abdullah ibn Amr ibn al-As transmet cette parole du Prophète ﷺ. Elle distingue celui qui se contente de répondre à l’attention reçue de celui qui entretient un lien familial alors que ses proches l’ont rompu :« Celui qui entretient les liens n’est pas celui qui rend la pareille, mais celui qui, lorsque son lien de parenté est rompu, le maintient. »
Lire le texte arabe
لَيْسَ الْوَاصِلُ بِالْمُكَافِئِ، وَلَكِنِ الْوَاصِلُ الَّذِي إِذَا قَطَعَتْ رَحِمُهُ وَصَلَهَا
Comprendre ce hadith
L’échange familial peut devenir un compte : j’ai appelé la dernière fois, j’ai été invité une fois, j’ai offert davantage. Le hadith décrit une attention qui ne se réduit pas à cet équilibre. Celui qui prend une initiative ne perd pas nécessairement sa dignité parce qu’il n’a pas reçu le même geste.
Après une période d’éloignement sans danger, un message simple peut reprendre le lien : demander des nouvelles d’une maladie dont vous avez entendu parler, féliciter pour une naissance ou proposer un appel. Inutile de commencer par faire le décompte des absences passées. Si une discussion est nécessaire, elle pourra porter sur ce qui a réellement blessé plutôt que sur une compétition d’efforts.
Certaines familles connaissent toutefois des violences ou des menaces. Le mérite du lien ne doit pas servir à imposer une visite dangereuse, un tête-à-tête ou le retour dans un lieu où l’on subit des violences. La forme des contacts et les protections nécessaires demandent alors une aide adaptée à la situation. Ce récit ne donne pas aux proches le droit de réclamer un accès sans limite à une personne qu’ils maltraitent.
Abu Talha donne aux membres de sa famille
Le contexte du récit
Is-haq ibn ‘Abdullah ibn Abi Talha rapporte avoir entendu Anas ibn Malik raconter l’histoire d’Abu Talha. Après la révélation du verset invitant à dépenser de ce que l’on aime (Coran 3:92), Abu Talha offre en aumône Bayruha, le jardin qu’il aime le plus, et demande au Messager d’Allah ﷺ de l’affecter là où il le jugera bon. Le Prophète lui répond notamment :« J’ai entendu ce que tu as dit et je pense que tu devrais le donner à tes proches. »
Lire le texte arabe
وَقَدْ سَمِعْتُ مَا قُلْتَ وَإِنِّي أَرَى أَنْ تَجْعَلَهَا فِي الأَقْرَبِينَ
Comprendre ce hadith
Abu Talha suit le conseil du Prophète ﷺ et répartit le jardin entre ses proches et ses cousins. Il donne ainsi ce bien à sa famille en recherchant la récompense d’Allah.
Il arrive que l’on imagine la solidarité uniquement loin de chez soi, alors qu’un membre de la famille traverse une difficulté dont personne ne parle. Avant une aide, demander discrètement ce qui manque évite de décider à la place de la personne. Elle peut avoir besoin d’un achat précis, d’un service ou d’une somme dont elle gérera elle-même l’usage.
La discrétion préserve sa dignité. Vous pouvez aider un proche sans annoncer sa situation dans un groupe familial ni demander qu’il exprime publiquement sa gratitude. Distinguez aussi clairement le don du prêt : une aide offerte comme un cadeau ne devrait pas réapparaître ensuite sous forme de dette. Le conseil donné à Abu Talha invite à regarder les besoins proches ; pour le lecteur, la première démarche peut simplement être de les connaître.
Lisez aussi l’attention particulière due à la mère et au père.
En pratique
- Un proche vit loinProposez un moment pour l’appeler et demandez-lui comment se passe une difficulté ou un projet précis.Lire le mérite des liens
- Chacun attend le premier appelEnvoyez une nouvelle personnelle sans commencer par compter les initiatives de chacun.Lire le hadith sur la réciprocité
- Vous voulez aider un membre de la familleDemandez discrètement ce dont il a besoin, puis précisez si votre aide est un don ou un prêt.Lire le récit d’Abu Talha
- Un proche ne peut plus se déplacerProposez une tâche précise : courses, transport ou démarche, en lui laissant le choix.Revenir à l’entretien des liens
Sources
- Sahih al-Bukhari · 5986Le mérite d’entretenir les liens de parenté
- Sahih al-Bukhari · 5991Ne pas seulement rendre la pareille
- Sahih al-Bukhari · 1461Abu Talha donne aux membres de sa famille