4 hadiths sur la maladie
et la visite des malades

Rendre visite, choisir ses paroles et invoquer pour la guérison : quatre hadiths pour accompagner une personne malade.

4 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Quand une personne tombe malade, ses proches ne savent pas toujours comment venir à elle. Faut-il appeler, passer la voir, lui apporter quelque chose ? On peut aussi hésiter à parler, par peur de dire une phrase maladroite. La personne malade, de son côté, peut avoir besoin de présence certains jours et de repos à d’autres moments.

Les hadiths réunis ici concernent d’abord cette relation : ne pas abandonner le malade, reconnaître la valeur d’une visite et prononcer des paroles de bien. Une invocation transmise par Aïsha permet de demander la guérison avec des mots précis. Les suggestions pratiques portent sur l’organisation de la visite et l’aide quotidienne ; les textes ne donnent pas de diagnostic ni de traitement pour une maladie particulière.

Sommaire de l’article

Rendre visite fait partie des gestes d’entraide

Le contexte du récit

Abu Musa al-Ash‘ari rapporte cette parole du Prophète ﷺ. Le texte associe trois besoins : la faim, la maladie et la captivité:
Parole prophétique Traduction du sens

« Donnez à manger à celui qui a faim, rendez visite au malade et libérez le captif. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

أَطْعِمُوا الْجَائِعَ، وَعُودُوا الْمَرِيضَ، وَفُكُّوا الْعَانِيَ

Comprendre ce hadith

Rendre visite permet de prendre des nouvelles directement : le malade peut raconter ce qui lui pèse ou demander une aide qu’il n’avait pas osé réclamer. Vérifiez d’abord qu’il souhaite vous recevoir.

Commencez par demander si le moment convient. Une personne peut être fatiguée, attendre un soin ou préférer un autre jour. Un refus ponctuel de visite n’est pas nécessairement un rejet de votre affection. Vous pouvez proposer un appel ou une aide à déposer.

Une demande précise est souvent plus facile à traiter qu’une offre très large : « Puis-je faire tes courses jeudi ? » ou « Souhaites-tu que je prévienne quelqu’un ? » La réponse appartient à la personne malade. Respecter ce qu’elle demande permet d’adapter votre aide à son besoin, au lieu de lui ajouter l’organisation d’une réception.

Une visite discrète a de la valeur

Le contexte du récit

Thawban transmet cet enseignement du Messager d’Allah ﷺ sur la visite du malade. Le texte décrit la récompense de cette démarche à travers l’image d’un jardin du Paradis :
Parole prophétique Traduction du sens

« Celui qui rend visite à un malade est dans un jardin de fruits du Paradis jusqu’à son retour. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

عَائِدُ الْمَرِيضِ فِي مَخْرَفَةِ الْجَنَّةِ حَتَّى يَرْجِعَ

Comprendre ce hadith

Le mérite annoncé concerne la visite au malade. Le texte ne demande ni cadeau ni discours particulier. Si vous ne savez pas quoi dire, vous pouvez lui demander comment s’est passée sa journée et l’écouter.

L’image du jardin concerne la visite et sa récompense. Elle ne permet pas d’annoncer que le malade guérira parce que quelqu’un est venu. Il n’est pas davantage nécessaire de prolonger votre présence jusqu’à épuiser la personne pour chercher à prolonger le bien promis au visiteur.

Convenez avec lui de la durée de la visite et d’un prochain appel. Lorsque la maladie dure, revenir prendre des nouvelles évite que l’aide s’arrête après les premiers jours.

Une invocation pour demander la guérison

Le contexte du récit

Aïsha décrit le Prophète ﷺ invoquant pour certains membres de sa famille et passant sa main droite sur eux. Elle rapporte les paroles qu’il prononçait. L’extrait ci-dessous conserve toute cette invocation :
Invocation du Prophète ﷺ Traduction du sens

اللَّهُمَّ رَبَّ النَّاسِ أَذْهِبِ الْبَاسَ، اشْفِهِ وَأَنْتَ الشَّافِي، لاَ شِفَاءَ إِلاَّ شِفَاؤُكَ، شِفَاءً لاَ يُغَادِرُ سَقَمًا

« Ô Allah, Seigneur des gens, enlève le mal. Guéris-le, Tu es Celui qui guérit. Il n’y a de guérison que Ta guérison, une guérison qui ne laisse aucune maladie. »

Traduction du sens · Extrait du hadith

Comprendre ce hadith

L’invocation demande que le mal soit retiré et que la guérison soit complète. Elle s’adresse à Allah en Le reconnaissant comme Celui qui guérit.

Aïsha transmet un geste accompli auprès de la famille du Prophète ﷺ. Le récit n’autorise pas un visiteur à imposer un contact physique à toute personne malade. Pour partager les paroles, vous pouvez simplement proposer de lire l’invocation ou l’envoyer à la personne si elle le souhaite.

Cette demande n’annonce pas un délai de guérison. Une maladie qui persiste ne permet pas de conclure que la personne aurait mal invoqué. Demander à Allah de guérir et accompagner les démarches de soin répondent à des besoins différents : ce texte enseigne des paroles de prière, sans fournir de motif pour interrompre un traitement. Le visiteur peut garder cette distinction dans ses propres propos.

Pour les moments où l’attente devient pénible, lisez le hadith sur l’impatience dans l’invocation.

Auprès du malade, prononcer des paroles de bien

Le contexte du récit

Umm Salama rapporte un conseil qui concerne la présence auprès d’un malade ou d’un défunt. Dans la suite du récit, elle raconte la mort d’Abu Salama et l’invocation que le Prophète ﷺ lui enseigne alors. Le premier conseil est celui-ci :
Parole prophétique Traduction du sens

« Quand vous êtes auprès d’un malade ou d’un mort, dites du bien, car les anges disent « Amine » à ce que vous dites. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

إِذَا حَضَرْتُمُ الْمَرِيضَ أَوِ الْمَيِّتَ فَقُولُوا خَيْرًا فَإِنَّ الْمَلاَئِكَةَ يُؤَمِّنُونَ عَلَى مَا تَقُولُونَ

Comprendre ce hadith

Le conseil porte sur ce que disent les visiteurs. Vous pouvez demander la guérison pour le malade ou du soutien pour sa famille. Les anges disent « Amine » aux paroles prononcées, comme le précise le récit.

Il faut distinguer une invocation d’une prédiction. « Qu’Allah te guérisse » est une demande ; « tu seras guéri dans quelques jours » annonce un résultat que le visiteur ne connaît pas. Évitez aussi d’attribuer la maladie à une faute précise de la personne : aucun des récits de ce guide ne permet de poser ce jugement sur elle.

Parler avec bienveillance ne signifie pas obliger le malade à dire que tout va bien. Vous pouvez entendre qu’il a mal ou qu’il est inquiet, sans lui demander de transformer immédiatement sa plainte en leçon. S’il parle d’une difficulté pratique, demandez ce qu’il veut que vous fassiez. S’il souhaite du silence, il n’est pas nécessaire de remplir chaque pause.

Pour la personne éprouvée, le guide sur la patience présente l’espérance évoquée dans le hadith sur la souffrance.

En pratique

Sources

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