Prendre soin des orphelins : 2 hadiths expliqués

La proximité promise au Paradis et le soutien à un enfant de sa famille ou non : deux hadiths sur la prise en charge des orphelins.

2 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Aider un enfant qui a perdu son père peut commencer par une question très simple : de quoi a-t-il besoin, et qui veille déjà sur lui ? Un soutien financier, une aide pour l’école ou du temps auprès de sa famille ne répondent pas au même besoin. Les deux hadiths présentés ici mettent à l’honneur celui qui prend soin de l’orphelin, puis précisent que cet enfant peut appartenir à sa famille ou non.

Le mot arabe yatîm, traduit par « orphelin », désigne ici un enfant dont le père est mort avant sa puberté. Il peut donc vivre avec sa mère et être entouré de proches. Prendre soin de lui ne signifie pas effacer ces liens, mais soutenir l’enfant dans la situation qui est la sienne.

Sommaire de l’article

Prendre soin d’un orphelin : la proximité promise au Paradis

Le contexte du récit

Sahl ibn Sa‘d rapporte une parole du Prophète ﷺ accompagnée d’un geste de l’index et du majeur. Le geste donne son sens à l’expression « comme ceci » : le Prophète montre ces deux doigts en parlant de sa proximité avec celui qui prend soin d’un orphelin.
Parole prophétique Traduction du sens

« Moi et celui qui prend soin de l’orphelin serons au Paradis comme ceci. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

أَنَا وَكَافِلُ الْيَتِيمِ، فِي الْجَنَّةِ هَكَذَا

Comprendre ce hadith

Le kâfil prend en charge l’enfant et veille à ses besoins. Il ne s’agit pas seulement de remettre un don : il faut savoir ce qui manque à l’enfant et qui assure déjà son logement, ses repas et sa scolarité.

Pour connaître les besoins réels, commencer par la personne qui s’occupe déjà de l’enfant évite de lui imposer une aide mal choisie. Peut-être manque-t-il une dépense scolaire précise ; peut-être sa mère a-t-elle surtout besoin d’un relais pour un trajet. On peut proposer une contribution définie, puis vérifier qu’elle a bien servi au besoin annoncé.

L’enfant n’a pas à raconter sa perte devant les donateurs pour mériter leur attention. Éviter de publier son nom, son histoire ou son image sans nécessité protège sa vie privée. De même, le présenter constamment comme « l’orphelin que nous aidons » peut l’enfermer dans sa perte : il a aussi des goûts, des amis et des projets.

Si vous ne pouvez pas prendre en charge l’ensemble de ses besoins, une aide partielle peut rester utile. Le hadith ne fournit toutefois aucun tarif de parrainage auquel attribuer automatiquement toute la promesse de la prise en charge.

À lire aussi : montrer de l’affection à un enfant sans lui imposer un geste.

L’enfant peut être de sa famille ou non

Le contexte du récit

Abu Hurayra transmet une autre formulation du Messager d’Allah ﷺ. Elle précise le lien possible entre l’enfant et celui qui le prend en charge. À la fin du récit, Malik, l’un des transmetteurs, illustre la comparaison avec l’index et le majeur.
Parole prophétique Traduction du sens

« Celui qui prend soin d’un orphelin, de sa famille ou non, moi et lui serons comme ces deux doigts au Paradis. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

كَافِلُ الْيَتِيمِ لَهُ أَوْ لِغَيْرِهِ أَنَا وَهُوَ كَهَاتَيْنِ فِي الْجَنَّةِ

Comprendre ce hadith

« De sa famille ou non » inclut aussi celui qui aide un enfant de ses proches. Une grand-mère ou un oncle qui veille déjà sur l’enfant n’est pas exclu du mérite parce qu’il appartient à sa famille.

Elle invite aussi à regarder autour de soi. Une famille endeuillée peut recevoir beaucoup de visites les premières semaines, puis devoir assumer seule les démarches et le quotidien. Demander à nouveau ce qui serait utile quelques mois plus tard permet de ne pas confondre l’attention du premier moment avec un soutien durable.

Si l’aide passe par une association, demandez comment les besoins sont évalués et comment la contribution parvient aux enfants. Si elle passe par un proche, convenez avec lui de ce que vous pouvez effectivement assurer. Une somme ou un service modestes mais annoncés clairement permettent à la famille de s’organiser ; une promesse trop lourde puis abandonnée peut la mettre en difficulté.

À lire aussi : donner en tenant compte des personnes dont on a déjà la charge.

En pratique

Sources

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