Hadiths sur le Paradis : miséricorde, agrément d’Allah et actes
Six hadiths sur le Paradis : espérer la miséricorde et l’agrément d’Allah, persévérer, saluer et prendre soin d’un orphelin.

Que disent les hadiths du Paradis, et comment cette espérance peut-elle orienter les actes d’aujourd’hui ? Les six passages retenus parlent d’une récompense qui dépasse l’imagination, de la miséricorde et de l’agrément d’Allah. Ils relient aussi cette espérance à l’effort, à la salutation entre croyants et au soin d’un orphelin.
Ils n’autorisent pas à assurer à une personne précise qu’elle entrera au Paradis. Ils permettent de garder l’espérance sans traiter ses bonnes actions comme un prix payé pour obtenir le salut.
Sommaire de l’article
Ce qu’aucun œil n’a vu
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte que le Messager d’Allah ﷺ transmet une parole d’Allah concernant ce qu’Il a préparé pour Ses serviteurs vertueux. Il s’agit d’un hadith qudsi : le Prophète rapporte des paroles divines. Le récit renvoie également au verset 17 de la sourate As-Sajda, sur la joie tenue en réserve :« J’ai préparé pour Mes serviteurs vertueux ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qui n’a traversé le cœur d’aucun être humain. »
Lire le texte arabe
أَعْدَدْتُ لِعِبَادِي الصَّالِحِينَ مَا لاَ عَيْنَ رَأَتْ، وَلاَ أُذُنَ سَمِعَتْ، وَلاَ خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ
Comprendre ce hadith
Les trois expressions — aucun œil, aucune oreille, aucun cœur — disent que ce qu’Allah a préparé n’a pas été vu, entendu ou imaginé par un être humain. Une belle maison ou un paysage connu ne suffisent donc pas à décrire le Paradis.
Le récit parle des « serviteurs vertueux ». Il annonce ce qu’Allah leur a préparé sans permettre d’ajouter des détails absents du texte ni d’assurer à une personne précise qu’elle recevra cette récompense.
Le Paradis est entouré de choses difficiles
Le contexte du récit
Anas ibn Malik rapporte une parole concise du Prophète ﷺ. Elle met en regard le Paradis et le Feu, et oppose ce qui coûte à l’âme à ce qui l’attire :« Le Paradis est entouré de choses pénibles, et le Feu est entouré de désirs. »
Lire le texte arabe
حُفَّتِ الْجَنَّةُ بِالْمَكَارِهِ وَحُفَّتِ النَّارُ بِالشَّهَوَاتِ
Comprendre ce hadith
Faire le bien peut demander de résister à une envie immédiate : se lever pour prier, dire la vérité lorsqu’un mensonge serait plus commode ou rendre un bien que l’on aurait préféré garder. La difficulté ressentie ne suffit pas à conclure que l’on a choisi la mauvaise direction.
Mentir pour éviter un reproche peut sembler plus facile que reconnaître une faute. Le hadith avertit que ce qui attire sur le moment peut conduire au mal ; le plaisir immédiat ne suffit pas à décider qu’un acte est bon.
Il ne dit cependant pas que toute souffrance doit être recherchée, ni que chaque plaisir est interdit. Manger, se reposer ou profiter d’une joie licite ne deviennent pas fautifs parce qu’ils sont agréables. De même, une violence subie n’est pas une obligation religieuse à conserver.
À lire également : reconnaître la médisance et protéger autrui.
Les actes ne rendent pas indépendant de la miséricorde
Le contexte du récit
Abu Hurayra raconte que le Prophète ﷺ affirme que les œuvres ne sauveront pas, à elles seules, l’un de ses auditeurs. Les compagnons lui demandent si cela vaut aussi pour lui. Il répond que oui, à moins qu’Allah ne l’enveloppe de Sa miséricorde, puis il encourage la justesse et la modération. Voici sa première parole :« L’œuvre de l’un de vous ne le sauvera pas. »
Lire le texte arabe
لَنْ يُنَجِّيَ أَحَدًا مِنْكُمْ عَمَلُهُ
Comprendre ce hadith
Les compagnons demandent si cette parole concerne aussi le Prophète ﷺ. Il répond que lui aussi dépend de la miséricorde d’Allah. La quantité de bonnes actions ne donne donc pas à quelqu’un le droit d’affirmer que son salut est acquis.
La suite demande pourtant de continuer à agir correctement et avec modération. Espérer la miséricorde ne consiste pas à laisser une dette impayée ou à abandonner la prière. Si vous avez commis une faute, demandez pardon et corrigez ce qui peut l’être, sans conclure que tout effort serait désormais inutile.
À lire également : revenir à Allah sans désespérer de Son pardon.
Répandre le salam entre croyants
Le contexte du récit
Abu Hurayra transmet un enseignement du Messager d’Allah ﷺ qui relie l’entrée au Paradis, la foi et l’amour entre croyants. Après avoir énoncé ce lien, le Prophète propose un acte partagé qui favorise cet amour :« Vous n’entrerez pas au Paradis jusqu’à ce que vous croyiez, et vous ne croirez pas jusqu’à ce que vous vous aimiez. Ne vous indiquerai-je pas une chose qui, si vous la faites, vous fera vous aimer ? Répandez la salutation parmi vous. »
Lire le texte arabe
لاَ تَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ حَتَّى تُؤْمِنُوا وَلاَ تُؤْمِنُوا حَتَّى تَحَابُّوا أَوَلاَ أَدُلُّكُمْ عَلَى شَىْءٍ إِذَا فَعَلْتُمُوهُ تَحَابَبْتُمْ أَفْشُوا السَّلاَمَ بَيْنَكُمْ
Comprendre ce hadith
Après avoir parlé de la foi et de l’amour entre croyants, le Prophète ﷺ recommande de répandre le salam. Le geste demandé est de saluer les autres, et pas seulement d’attendre de les apprécier pour leur parler.
Dans une assemblée, saluez aussi celui qui arrive seul ou que vous connaissez peu. Si vous avez blessé quelqu’un, ce salut peut commencer un échange, mais il ne remplace ni les excuses ni la restitution d’un bien. Le hadith invite chacun à agir ; il ne lui permet pas de juger la foi intérieure d’autrui.
Allah annonce Son agrément aux habitants du Paradis
Le contexte du récit
Abu Sa‘id al-Khudri rapporte que le Prophète ﷺ décrit un échange entre Allah et les habitants du Paradis. Ils se disent satisfaits de ce qu’ils ont reçu. Allah leur propose alors quelque chose de meilleur encore ; ils demandent ce qui pourrait être meilleur. Il leur répond :« Je vous accorde Mon agrément et Je ne serai plus jamais en colère contre vous. »
Lire le texte arabe
أُحِلُّ عَلَيْكُمْ رِضْوَانِي فَلاَ أَسْخَطُ عَلَيْكُمْ بَعْدَهُ أَبَدًا
Comprendre ce hadith
Les habitants du Paradis sont déjà satisfaits de ce qu’ils ont reçu. Allah leur annonce pourtant un don meilleur : Son agrément, sans colère après cela.
La promesse s’adresse aux habitants du Paradis. Elle ne permet pas de conclure qu’Allah approuve aujourd’hui tous les actes d’une personne qui espère y entrer.
Prendre soin d’un orphelin, proche ou non
Le contexte du récit
Abu Hurayra rapporte cette parole du Messager d’Allah ﷺ sur la personne qui prend en charge un orphelin. La version transmise précise que Malik, l’un des transmetteurs, accompagne la comparaison d’un geste de l’index et du majeur :« Celui qui prend en charge un orphelin, de sa famille ou non, et moi serons au Paradis comme ces deux doigts. »
Lire le texte arabe
كَافِلُ الْيَتِيمِ لَهُ أَوْ لِغَيْرِهِ أَنَا وَهُوَ كَهَاتَيْنِ فِي الْجَنَّةِ
Comprendre ce hadith
La promesse concerne celui qui prend en charge un orphelin, qu’il soit de sa famille ou non. Aider un enfant de ses proches n’est donc pas un cas exclu du hadith.
Prendre en charge ne se réduit pas à obtenir une photographie ou un certificat de don. Avant de vous engager auprès d’une structure, demandez quels besoins elle couvre, comment elle suit les enfants et comment elle protège leur vie privée. Ce sont des précautions pratiques pour que l’aide arrive à son destinataire, non des conditions supplémentaires énoncées dans le hadith.
Une contribution doit rester compatible avec vos moyens et les responsabilités déjà assumées. Le récit encourage le soin d’un enfant ; il ne fixe pas ici un montant de parrainage et ne promet pas que tout don ponctuel équivaut à une prise en charge complète.
En pratique
- L’avenir vous paraît ferméRelisez la promesse de ce qu’Allah a préparé sans chercher à en fabriquer une image détaillée.Lire le hadith qudsi
- Un effort utile vous coûteNommez l’acte précis : dire vrai, rendre un droit ou préserver une prière.Comprendre les difficultés mentionnées
- Vous comptez vos actes avec inquiétudeDemandez la miséricorde d’Allah et reprenez une bonne action à votre portée.Relire la réponse aux compagnons
- Vous envisagez de soutenir un orphelinVérifiez les besoins couverts et le suivi de l’aide avant de vous engager.Lire le hadith sur la prise en charge
Sources
- Sahih al-Bukhari · 3244Ce qu’aucun œil n’a vu
- Sahih Muslim · 2822Le Paradis est entouré de choses difficiles
- Sahih al-Bukhari · 6463Les actes ne rendent pas indépendant de la miséricorde
- Sahih Muslim · 54aRépandre le salam entre croyants
- Sahih Muslim · 2829Allah annonce Son agrément aux habitants du Paradis
- Sahih Muslim · 2983Prendre soin d’un orphelin, proche ou non