3 hadiths sur le pardon
et la réconciliation

Pardonner une offense, reprendre le salut et réparer le tort que l’on a causé : trois hadiths pour comprendre le pardon entre personnes.

3 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Après une offense, plusieurs questions peuvent se mêler : vais-je pardonner, reparler à cette personne, lui faire de nouveau confiance ? Ces décisions ne se confondent pas. Le pardon concerne le tort subi ; reprendre une relation demande aussi de considérer ce qui se passe aujourd’hui et ce qui peut changer.

Les hadiths suivants parlent de l’honneur attaché au pardon, du premier salut après une brouille et de la responsabilité de celui qui a commis une injustice. Les lire ensemble empêche de faire porter tout l’effort sur la personne blessée. Celui qui a causé le tort a lui aussi quelque chose à reconnaître et à réparer.

Sommaire de l’article

Pardonner sans nier le tort subi

Le contexte du récit

Abu Hurayra transmet une parole du Messager d’Allah ﷺ qui réunit trois enseignements : l’aumône ne diminue pas les biens, le pardon accroît l’honneur et celui qui se montre humble pour Allah est élevé par Lui. Voici le passage sur le pardon :
Parole prophétique Traduction du sens

« Allah n’ajoute à un serviteur, par son pardon, que de l’honneur. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

وَمَا زَادَ اللَّهُ عَبْدًا بِعَفْوٍ إِلاَّ عِزًّا

Comprendre ce hadith

Le pardon peut être perçu comme une défaite : on craint que l’autre y voie la preuve qu’il avait raison ou qu’il peut recommencer. Le hadith rattache pourtant le pardon à l’honneur donné par Allah. Renoncer à rendre une offense n’oblige pas à déclarer qu’elle était acceptable.

Vous pouvez dire qu’une parole vous a blessé et choisir de ne pas vous venger. Pardonner ne demande pas de prétendre que « ce n’était rien ». Il arrive de rester triste après avoir décidé de pardonner.

Le pardon ne doit pas être invoqué pour forcer une personne à abandonner sa protection ou à se remettre en relation avec quelqu’un de dangereux. Rechercher justice et sécurité ne se réduit pas à une volonté de vengeance. Dans une relation qui a perdu la confiance, une reprise ne dépend pas seulement de la générosité de la personne blessée : elle suppose aussi que les comportements nuisibles cessent. On ne peut pas exiger d’une victime qu’elle prouve son pardon en s’exposant à nouveau.

Faire le premier pas après une brouille

Le contexte du récit

Abu Aiyub Al-Ansari rapporte cette parole du Messager d’Allah ﷺ sur deux frères qui se rencontrent et se détournent l’un de l’autre. Le texte condamne la prolongation de cette brouille et désigne celui qui prend l’initiative du salut :
Parole prophétique Traduction du sens

« Il n’est pas permis à un homme de délaisser son frère plus de trois nuits : ils se rencontrent, celui-ci se détourne et celui-là se détourne. Le meilleur des deux est celui qui commence par le salut. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

لاَ يَحِلُّ لِرَجُلٍ أَنْ يَهْجُرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلاَثِ لَيَالٍ، يَلْتَقِيَانِ فَيُعْرِضُ هَذَا وَيُعْرِضُ هَذَا، وَخَيْرُهُمَا الَّذِي يَبْدَأُ بِالسَّلاَمِ

Comprendre ce hadith

Dans une brouille ordinaire, le hadith donne la préférence à celui qui salue en premier. Il n’a pas besoin d’attendre que l’autre reconnaisse tous ses torts pour lui adresser le salam.

Après une dispute à propos d’une invitation oubliée ou d’un message mal compris, reprendre le salut peut ouvrir un échange. Vous pouvez ensuite proposer un moment pour clarifier ce qui s’est passé, sans joindre au premier message une liste de tous les reproches anciens. Un début d’apaisement n’exige pas que toutes les questions soient réglées dans la première phrase.

La situation décrite est celle de personnes qui se détournent mutuellement dans leur brouille. Elle ne permet pas d’imposer un contact à une personne menacée ou harcelée. Dans ces circonstances, la protection et l’aide adaptée passent avant une tentative de rencontre. Pour un désaccord sans danger, le récit invite à ne pas faire de l’orgueil un obstacle au premier salut.

Demander pardon quand on a causé un tort

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte que le Messager d’Allah ﷺ demande à celui qui a lésé une personne, dans son honneur ou autrement, d’obtenir son pardon dès cette vie. Le hadith évoque ensuite le jugement où les bonnes actions et les péchés entreront en compte pour l’injustice commise.
Parole prophétique Traduction du sens

« Que celui qui a commis une injustice envers quelqu’un, dans son honneur ou en autre chose, lui en demande quittance aujourd’hui, avant qu’il n’y ait plus ni dinar ni dirham. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

مَنْ كَانَتْ لَهُ مَظْلَمَةٌ لأَحَدٍ مِنْ عِرْضِهِ أَوْ شَىْءٍ فَلْيَتَحَلَّلْهُ مِنْهُ الْيَوْمَ، قَبْلَ أَنْ لاَ يَكُونَ دِينَارٌ وَلاَ دِرْهَمٌ

Comprendre ce hadith

L’appel s’adresse ici à l’auteur de l’injustice. Il ne lui conseille pas de patienter jusqu’à ce que la personne blessée oublie, ni de lui rappeler les mérites du pardon pour obtenir son silence. Il lui demande de traiter le tort qu’il a commis.

Une excuse utile nomme ce qui s’est passé. « J’ai répété une information fausse à ton sujet » reconnaît davantage qu’un vague « désolé si tu l’as mal pris ». Si une somme est due, la restituer répond au problème matériel ; si une accusation a été diffusée, sa correction doit atteindre ceux qui l’ont entendue. Les mots de regret ne remplacent pas ce qui peut être réparé.

La personne lésée peut ne pas être prête à répondre immédiatement. Demander pardon n’autorise pas à réclamer une réconciliation sur commande ou à multiplier les messages jusqu’à obtenir la formule attendue. On peut présenter ses excuses, proposer une réparation précise et laisser un espace de réponse. La responsabilité de changer son comportement reste entière, même si l’autre ne rassure pas aussitôt.

Lisez aussi le passage sur la réparation des torts causés par la parole.

En pratique

Sources

Revenir au début de la lecture ↑