La prière de consultation (istikhara)
Le hadith de Jabir, l’invocation complète en arabe et en français, et le sens des demandes de bien, de facilité et de satisfaction.

L’istikhara consiste à demander à Allah de choisir le bien pour soi lorsqu’on envisage une affaire. Le hadith de Jabir enseigne deux unités de prière non obligatoires, puis une invocation qui confie à Allah ce que l’on ne connaît pas de l’avenir.
Son texte ne demande pas simplement la réalisation du projet souhaité : il demande aussi qu’un mal soit éloigné et qu’un autre bien soit accordé. Comprendre ces deux directions aide à prononcer l’invocation avec son sens.
Sommaire de l’article
L’invocation complète de la prière de consultation
Le contexte du récit
Jabir ibn Abd Allah décrit l’attention avec laquelle le Messager d’Allah ﷺ enseignait l’istikhara à ses compagnons : comme il leur enseignait une sourate du Coran. Il transmet ensuite la prière et l’invocation à dire lorsqu’une personne envisage une affaire.« Jabir rapporte : le Messager d’Allah ﷺ nous enseignait l’istikhara dans les affaires comme il nous enseignait une sourate du Coran. Il disait : « Lorsque l’un de vous envisage une affaire, qu’il accomplisse deux unités de prière en dehors de la prière obligatoire, puis qu’il dise : Ô Allah, je Te demande de choisir pour moi par Ta science, je Te demande la capacité par Ta puissance et je Te demande de Ton immense faveur. Car Tu peux et je ne peux pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu connais parfaitement les choses cachées. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire — ou il a dit : dans le présent et l’avenir de mon affaire —, destine-la-moi, facilite-la-moi, puis bénis-la pour moi. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire — ou il a dit : dans le présent et l’avenir de mon affaire —, éloigne-la de moi et éloigne-moi d’elle. Destine-moi le bien où qu’il soit, puis rends-moi satisfait de celui-ci. » Il dit : et il nomme son besoin. »
Lire le texte arabe
كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يُعَلِّمُنَا الاِسْتِخَارَةَ فِي الأُمُورِ كَمَا يُعَلِّمُنَا السُّورَةَ مِنَ الْقُرْآنِ يَقُولُ " إِذَا هَمَّ أَحَدُكُمْ بِالأَمْرِ فَلْيَرْكَعْ رَكْعَتَيْنِ مِنْ غَيْرِ الْفَرِيضَةِ ثُمَّ لِيَقُلِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلاَ أَقْدِرُ وَتَعْلَمُ وَلاَ أَعْلَمُ وَأَنْتَ عَلاَّمُ الْغُيُوبِ، اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الأَمْرَ خَيْرٌ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي ـ أَوْ قَالَ عَاجِلِ أَمْرِي وَآجِلِهِ ـ فَاقْدُرْهُ لِي وَيَسِّرْهُ لِي ثُمَّ بَارِكْ لِي فِيهِ، وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الأَمْرَ شَرٌّ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي ـ أَوْ قَالَ فِي عَاجِلِ أَمْرِي وَآجِلِهِ ـ فَاصْرِفْهُ عَنِّي وَاصْرِفْنِي عَنْهُ، وَاقْدُرْ لِي الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ ثُمَّ أَرْضِنِي بِهِ ـ قَالَ ـ وَيُسَمِّي حَاجَتَهُ ".
Comprendre ce hadith
Deux unités de prière, puis une demande à Allah. Le récit indique deux rak‘a en dehors de la prière obligatoire, suivies de l’invocation. Une rak‘a est une unité de prière. La fin du texte précise que la personne nomme son besoin : « cette affaire » concerne donc la décision qu’elle envisage.
Reconnaître ce que l’on ne sait pas. L’invocation commence par la science et la puissance d’Allah. La personne peut examiner un projet, mais elle ne connaît ni toutes ses conséquences ni tout ce qui lui sera bénéfique. Elle demande une orientation en s’en remettant à Celui qui sait.
Demander davantage que la réussite immédiate. Le bien recherché concerne la religion, la vie et l’issue de l’affaire. On ne demande pas seulement qu’une proposition séduisante aboutisse : on demande qu’elle soit accordée et facilitée si elle est bonne, puis qu’Allah la bénisse.
Demander aussi de renoncer à ce qui serait nuisible. La seconde partie demande qu’Allah éloigne l’affaire si elle est mauvaise et en détourne la personne. Elle demande ensuite qu’Il lui accorde le bien, où qu’il soit, et la satisfasse de ce choix. L’invocation envisage donc aussi que le projet souhaité ne se réalise pas.
Les expressions introduites par « ou il a dit » rendent une variante signalée dans la transmission ; ce ne sont pas deux demandes supplémentaires à cumuler. Le récit enseigne une prière et une invocation, sans fixer de rêve à attendre ni de code de couleurs ou de sensations à interpréter.
Avant une décision concrète, vous pouvez préciser ce qui reste inconnu : les engagements d’un projet, les conditions d’un déménagement ou les responsabilités qui suivront. Demander conseil et vérifier ces éléments aide à savoir quelle affaire vous présentez dans votre invocation. L’istikhara ne transforme pas une impression personnelle en connaissance certaine de l’avenir.
À lire également : rechercher ce qui est utile et demander l’aide d’Allah.
En pratique
- Vous voulez apprendre l’invocationLisez d’abord les demandes en français, puis travaillez l’arabe par groupes de sens.Lire le texte complet
- Vous hésitez devant un projetNommez précisément l’affaire envisagée et rassemblez les informations qui vous manquent.Comprendre « cette affaire »
- Vous tenez déjà beaucoup à une optionRelisez la demande d’éloignement du mal et celle d’un bien où qu’il se trouve.Relire les deux directions de la demande
Sources
- Sahih al-Bukhari · 1166L’invocation complète de la prière de consultation