3 hadiths sur la vérité et le mensonge

Dire vrai, tenir ses engagements et ne pas calomnier : trois hadiths expliqués pour rendre sa parole plus fiable.

3 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Inventer une excuse pour cacher un oubli, promettre trop vite, présenter un soupçon comme un fait : le mensonge entre parfois dans les conversations par des phrases qui semblent commodes sur le moment. Le problème ne se limite pourtant pas à une information fausse. Une autre personne peut prendre une décision, attendre une aide ou juger quelqu’un à partir de ce qu’on lui dit.

Ces trois hadiths abordent la véracité comme une habitude, la confiance liée aux promesses et la différence entre médisance et calomnie. Ils invitent à rendre sa parole fiable sans confondre franchise et permission de blesser.

Sommaire de l’article

La vérité et le mensonge deviennent des habitudes

Le contexte du récit

Abd Allah ibn Masud transmet une parole du Prophète ﷺ sur les chemins auxquels conduisent la véracité et le mensonge. Le texte décrit une conduite qui se répète :
Parole prophétique Traduction du sens

« La véracité conduit à la bonté, et la bonté conduit au Paradis. L’homme ne cesse de dire vrai jusqu’à devenir véridique. Le mensonge conduit à la perversité, et la perversité conduit au Feu. L’homme ne cesse de mentir jusqu’à être inscrit auprès d’Allah comme menteur. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

إِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلَى الْبِرِّ، وَإِنَّ الْبِرَّ يَهْدِي إِلَى الْجَنَّةِ، وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَصْدُقُ حَتَّى يَكُونَ صِدِّيقًا، وَإِنَّ الْكَذِبَ يَهْدِي إِلَى الْفُجُورِ، وَإِنَّ الْفُجُورَ يَهْدِي إِلَى النَّارِ، وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَكْذِبُ، حَتَّى يُكْتَبَ عِنْدَ اللَّهِ كَذَّابًا

Comprendre ce hadith

La répétition est au centre de l’enseignement. Un mensonge destiné à sauver les apparences peut demander d’autres mensonges pour être maintenu. À l’inverse, reconnaître un fait embarrassant apprend à ne pas dépendre de ces inventions. La véracité se travaille donc aussi dans les conversations ordinaires, pas seulement au moment d’un témoignage solennel.

Dire « j’ai oublié » est plus exact que prétendre qu’un message n’est jamais arrivé. Dire « je ne sais pas » préserve mieux la confiance qu’une réponse improvisée pour paraître informé. Ces phrases ne rendent pas l’erreur agréable, mais elles permettent de corriger le problème réel au lieu de discuter d’une cause fictive.

Le hadith annonce une conséquence grave au mensonge ; il ne ferme pas pour autant la possibilité de changer de conduite. Si vous avez donné une fausse information, corrigez-la auprès de ceux qui l’ont reçue. Une correction claire doit permettre de distinguer ce qui était faux de ce qui est maintenant établi.

À lire également : réparer une injustice commise envers quelqu’un.

La parole engage aussi la confiance des autres

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ nomme trois signes de l’hypocrite. La parole mensongère est associée à la promesse non tenue et à la trahison de ce qui a été confié :
Parole prophétique Traduction du sens

« Les signes de l’hypocrite sont trois : lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il promet, il manque à sa promesse ; lorsqu’on lui confie un dépôt, il trahit. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

آيَةُ الْمُنَافِقِ ثَلاَثٌ إِذَا حَدَّثَ كَذَبَ، وَإِذَا وَعَدَ أَخْلَفَ، وَإِذَا اؤْتُمِنَ خَانَ

Comprendre ce hadith

Ces trois comportements ont un effet commun : l’autre ne peut plus s’appuyer sur ce qui lui a été dit ou confié. Promettre une présence, un retour ou une aide fait parfois organiser toute une journée à quelqu’un. Une parole donnée pour se débarrasser d’une demande n’est donc pas sans conséquence.

Avant de répondre « oui, je le ferai », vérifiez ce que vous pouvez réellement prendre en charge. Si vous devez d’abord consulter votre agenda ou demander une autorisation, dites-le. Une réponse conditionnelle et précise est plus honnête qu’un engagement ferme pris sans intention de le respecter.

Un empêchement survenu après un engagement sincère n’est pas la même situation qu’une promesse donnée en sachant qu’on la trahira. Dans la pratique, prévenir rapidement, expliquer ce qui a changé et chercher une solution évite de laisser l’autre attendre sur une fausse assurance.

L’avertissement porte sur des traits à combattre chez soi. Il n’autorise pas à prétendre connaître la foi intérieure de quelqu’un après une déception. On peut constater qu’une promesse n’a pas été tenue, en demander réparation et adapter sa confiance sans distribuer des verdicts sur les cœurs.

Distinguer la médisance de la calomnie

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ demande à ses compagnons s’ils savent ce qu’est la médisance. Il la définit comme le fait de mentionner son frère d’une manière qu’il déteste. Quelqu’un demande alors ce qu’il en est si le défaut mentionné est réellement présent. Il répond :
Parole prophétique Traduction du sens

« S’il possède ce que tu dis de lui, tu as médit de lui ; s’il ne le possède pas, tu l’as calomnié. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

إِنْ كَانَ فِيهِ مَا تَقُولُ فَقَدِ اغْتَبْتَهُ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِيهِ فَقَدْ بَهَتَّهُ

Comprendre ce hadith

La vérité d’un propos ne suffit pas à justifier toutes les conversations. Le hadith retire l’excuse « mais c’est vrai » lorsqu’on expose inutilement un défaut détesté par la personne. Et lorsque le fait est faux, une injustice supplémentaire apparaît : lui attribuer ce qu’elle n’a pas fait.

Dans un groupe de discussion, une capture d’écran incomplète, une phrase rapportée de mémoire ou un message anonyme ne donnent pas nécessairement les faits. Ne transformez pas « on m’a dit » en « je sais ». Si vous n’avez pas de raison utile de transmettre l’information, vous pouvez arrêter sa circulation au lieu de la partager avec une réserve qui sera vite oubliée.

Cette retenue n’interdit pas de raconter une injustice pour demander de l’aide ou faire cesser un tort. Il faut alors s’en tenir aux faits nécessaires et s’adresser à quelqu’un qui peut intervenir. Protéger une réputation ne doit pas servir à imposer le silence à une victime.

Lorsque vous devez rapporter un incident, séparez ce que vous avez vu de ce qu’on vous a raconté. Dites « je ne sais pas » si l’on vous demande d’attribuer une intention que vous ne connaissez pas.

À lire également : comprendre ce qui relève de la médisance.

En pratique

Sources

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