Vie privée en islam : demander la permission et ne pas épier

Trois hadiths sur la permission d’entrer, le fait de se présenter à la porte et le respect de l’intimité sans espionner.

3 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Une porte fermée, un téléphone posé sur une table ou une conversation à voix basse peuvent éveiller la curiosité. Les hadiths demandent de respecter ce que l’autre n’a pas choisi de rendre accessible.

Demander la permission implique d’accepter de ne pas l’obtenir. Les trois textes suivants expliquent aussi pourquoi le soupçon n’autorise pas à espionner et comment se présenter lorsque l’on frappe à une porte.

Sommaire de l’article

Demander la permission et repartir sans insister

Le contexte du récit

Abu Saïd al-Khudri raconte qu’Abu Musa vient, inquiet, auprès des Ansar. Il a demandé trois fois à entrer chez Umar, puis est reparti sans autorisation. Umar lui demande pourquoi et réclame un témoin de la parole prophétique qu’il invoque. Abu Saïd, le plus jeune de l’assemblée, accompagne alors Abu Musa et confirme avoir entendu cette parole :
Parole prophétique Traduction du sens

« Si l’un de vous demande trois fois la permission d’entrer sans qu’elle lui soit accordée, qu’il reparte. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

إِذَا اسْتَأْذَنَ أَحَدُكُمْ ثَلاَثًا فَلَمْ يُؤْذَنْ لَهُ، فَلْيَرْجِعْ

Comprendre ce hadith

Abu Musa ne transforme pas sa visite en un droit à être reçu. La demande suppose une réponse : le silence ne lui donne pas l’autorisation d’entrer. Repartir protège la disponibilité et l’intimité de celui qui est chez lui.

En visite, annoncez votre présence et attendez une invitation avant de franchir la porte. Si l’on ne vous répond pas, n’essayez pas une autre entrée et ne multipliez pas les sonneries. Vous pouvez proposer plus tard un rendez-vous. Une visite qui n’a pas lieu n’oblige pas à conclure que votre proche vous rejette.

Le nombre transmis concerne la demande d’entrée. Le récit n’établit pas un nombre religieux d’appels ou de messages sur un téléphone. Pour ces échanges, l’application proposée est de laisser à l’autre le temps de répondre sans le presser.

Ne pas chercher ce que l’autre ne vous a pas confié

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte une parole du Prophète ﷺ qui réunit plusieurs atteintes aux relations : soupçon, recherche des défauts, espionnage, envie, rupture et haine. L’appel final à la fraternité donne le but de ces interdictions.
Parole prophétique Traduction du sens

« Gardez-vous du soupçon, car le soupçon est le plus mensonger des propos. Ne recherchez pas les défauts les uns des autres, ne vous espionnez pas, ne vous enviez pas, ne vous tournez pas le dos et ne vous haïssez pas. Soyez, serviteurs d’Allah, des frères. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

إِيَّاكُمْ وَالظَّنَّ، فَإِنَّ الظَّنَّ أَكْذَبُ الْحَدِيثِ، وَلاَ تَحَسَّسُوا، وَلاَ تَجَسَّسُوا، وَلاَ تَحَاسَدُوا، وَلاَ تَدَابَرُوا، وَلاَ تَبَاغَضُوا، وَكُونُوا عِبَادَ اللَّهِ إِخْوَانًا

Comprendre ce hadith

Une notification visible sur un téléphone ne donne pas la permission de lire la conversation. De même, soupçonner quelqu’un ne suffit pas à autoriser la fouille de ses affaires.

Lire les messages privés d’un proche à son insu, parcourir ses affaires ou observer son intérieur pour satisfaire sa curiosité sont des applications actuelles de ce problème. Si une question vous concerne, adressez-la à la personne sans monter un dossier à partir de détails pris en cachette.

Respecter l’intimité ne signifie pas ignorer un danger constaté. Demander de l’aide ou signaler des faits pour protéger une personne répond à un besoin de protection ; ce n’est pas la curiosité visée ici.

Le respect de cette intimité concerne aussi ce que l’on entend. Si des personnes se mettent à l’écart pour parler, ne les suivez pas pour connaître la suite. Entendre une phrase en passant ne vous oblige pas à rester pour écouter leur confidence.

À lire aussi : comprendre pourquoi révéler une chose vraie peut être de la médisance.

Dire qui l’on est lorsque l’on frappe

Le contexte du récit

Jabir ibn Abdullah vient voir le Prophète ﷺ au sujet d’une dette de son père. Il frappe à la porte. Le Prophète ﷺ lui demande alors qui est là ; Jabir raconte sa réponse et la réaction qu’elle suscite.
Échange rapporté par Jabir Traduction du sens

« Il demanda : « Qui est-ce ? » Je répondis : « Moi. » Il dit : « Moi, moi ? », comme s’il désapprouvait cette réponse. »

Traduction du sens d’un extrait
Lire le texte arabe

فَقَالَ مَنْ ذَا فَقُلْتُ أَنَا فَقَالَ أَنَا أَنَا كَأَنَّهُ كَرِهَهَا

Comprendre ce hadith

« Moi » n’indique pas qui demande à entrer. Le visiteur peut reconnaître la voix de celui qui répond sans que l’inverse soit vrai. Donner son nom permet à la personne de décider de vous recevoir en sachant à qui elle ouvre.

À la porte ou à l’interphone, dites votre nom plutôt que de demander à l’autre de deviner. Si vous êtes peu connu, ajoutez l’information utile : « Je suis votre voisin du deuxième étage » ou « Nous avions rendez-vous ». Se présenter ne dispense pas d’attendre l’autorisation d’entrer.

En pratique

Sources

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