4 hadiths sur le voisin
et le bon voisinage

Ne pas nuire, partager un repas et accueillir un petit cadeau : quatre hadiths pour les personnes qui vivent près de nous.

4 hadiths authentiquesFrançais & arabeSources et références

Un voisin peut être la personne que l’on croise chaque matin sans vraiment la connaître. Il entend parfois ce qui se passe chez nous, partage une entrée ou subit les conséquences de nos habitudes. Le bon voisinage concerne donc les gestes aimables, mais aussi ce que l’on doit cesser de faire pour que l’autre vive tranquillement.

Les quatre hadiths réunis ici partent d’une recommandation insistante de Jibril, l’ange Gabriel. Ils abordent ensuite une exigence plus directe : que le voisin soit à l’abri du mal que l’on pourrait lui causer. Deux autres paroles concernent la nourriture et les cadeaux modestes. Elles montrent que l’attention au voisin ne dépend pas d’un grand budget ni d’une relation déjà très proche.

Sommaire de l’article

Jibril insiste sur le bon traitement du voisin

Le contexte du récit

Aïsha rapporte que le Prophète ﷺ a évoqué les recommandations répétées de Jibril au sujet du voisin. Il en décrit l’insistance par cette parole :
Parole prophétique Traduction du sens

« Jibril n’a cessé de me recommander le voisin, au point que j’ai pensé qu’il allait en faire un héritier. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

مَا زَالَ يُوصِينِي جِبْرِيلُ بِالْجَارِ حَتَّى ظَنَنْتُ أَنَّهُ سَيُوَرِّثُهُ

Comprendre ce hadith

La mention de l’héritage donne la mesure de l’insistance. Le Prophète ﷺ décrit ce qu’il a pensé devant ces recommandations ; le hadith ne dit pas que le voisin est devenu héritier. Conserver cette distinction évite de transformer l’image du récit en règle successorale.

Le voisin est nommé en raison de sa proximité. Vous pouvez donc vous demander s’il subit quelque chose qui vient de chez vous : du bruit répété, une fuite d’eau ou des objets laissés dans le passage.

Saluer la personne que l’on croise, prévenir d’un dérangement évitable ou se présenter après un emménagement sont des applications possibles. Vous pouvez choisir ce qui convient à votre immeuble ou à votre rue, sans exiger une intimité que le voisin ne souhaite pas. Bien traiter quelqu’un peut aussi consister à respecter sa tranquillité et sa réserve.

Le voisin doit être à l’abri de notre mal

Le contexte du récit

Abu Shuraih rapporte que le Prophète ﷺ répète trois fois : « Par Allah, il ne croit pas ! » Les personnes présentes lui demandent de qui il parle. Il répond :
Parole prophétique Traduction du sens

« Celui dont le voisin n’est pas à l’abri du mal. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
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الَّذِي لاَ يَأْمَنُ جَارُهُ بَوَايِقَهُ

Comprendre ce hadith

Le Prophète ﷺ répète trois fois son avertissement avant d’identifier celui dont le voisin craint les méfaits. Il vise un tort que l’on fait subir au voisin, et non le simple fait de ne pas être ami avec lui.

Avant de chercher un geste généreux, il peut être nécessaire de faire cesser une nuisance dont on est responsable : une entrée encombrée, des propos menaçants ou un bruit que l’on peut éviter. Demander au voisin ce qui le gêne peut révéler un problème que l’on ne remarquait pas depuis son propre logement.

La force de l’avertissement appelle chacun à examiner ses actes. Elle ne donne pas à un lecteur l’autorité de déclarer son voisin non-musulman à l’occasion d’un conflit. Et le bon voisinage ne demande pas à la personne qui subit un tort de le taire : décrire les faits à l’interlocuteur capable d’aider peut être nécessaire pour que le dommage cesse.

Le guide sur les paroles développe aussi la responsabilité de celui qui porte atteinte à autrui.

Prévoir une part du repas pour les voisins

Le contexte du récit

Abu Dharr rapporte un conseil que le Messager d’Allah ﷺ lui adresse personnellement. Le Prophète prend l’exemple très simple d’un bouillon que l’on prépare :
Parole prophétique Traduction du sens

« Ô Abu Dharr, quand tu prépares un bouillon, augmente son eau et pense à tes voisins. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
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يَا أَبَا ذَرٍّ إِذَا طَبَخْتَ مَرَقَةً فَأَكْثِرْ مَاءَهَا وَتَعَاهَدْ جِيرَانَكَ

Comprendre ce hadith

Le repas destiné à la maison peut devenir une occasion de partage. Le conseil intervient dès la préparation : prévoir davantage permet de penser à quelqu’un d’autre avant que tout soit distribué. Le texte parle d’un bouillon, sans demander un plat exceptionnel.

L’application la plus proche est d’offrir une portion de ce que l’on cuisine. Aujourd’hui, demander auparavant si cela ferait plaisir permet de tenir compte des goûts et des contraintes de la personne. Si elle décline, son refus n’annule pas la bonne intention et ne justifie pas de lui faire reproche.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que le voisin réclame ou qu’une fête fournisse une occasion. Vous pouvez aussi proposer un repas à une famille momentanément très occupée, après une naissance ou pendant une maladie. Le partage gagne à rester simple, sans mettre le bénéficiaire en dette.

Si votre voisin est malade, retrouvez aussi les conseils pour organiser une visite et une aide utile.

Ne pas mépriser un petit cadeau

Le contexte du récit

Abu Hurayra rapporte une parole que le Prophète ﷺ adressait aux femmes musulmanes. Il y prend l’exemple d’une part de nourriture très modeste pour parler des échanges entre voisines :
Parole prophétique Traduction du sens

« Ô femmes musulmanes, qu’une voisine ne méprise pas ce qui vient de sa voisine, même s’il ne s’agit que d’un pied de mouton. »

Traduction du sens · Extrait du hadith
Lire le texte arabe

يَا نِسَاءَ الْمُسْلِمَاتِ لاَ تَحْقِرَنَّ جَارَةٌ لِجَارَتِهَا وَلَوْ فِرْسِنَ شَاةٍ

Comprendre ce hadith

Le pied de mouton désigne ici quelque chose de peu de valeur. L’exemple empêche de réserver l’attention aux seuls cadeaux considérables. La petite taille du présent ne suffit pas à justifier le mépris.

Pour la personne qui reçoit, cela invite à ne pas comparer immédiatement le cadeau à ce qu’elle aurait préféré. On peut remercier l’attention sans commenter son prix, sa simplicité ou ce que les autres voisins ont offert. Si l’on ne peut pas consommer ce qui est proposé, il reste possible de le dire avec respect.

Mis à côté du conseil sur le bouillon, ce hadith rend l’échange accessible : l’un pense à partager, l’autre ne déprécie pas ce qui lui est offert. Un petit cadeau n’appelle pas nécessairement un présent plus coûteux en retour.

En pratique

Sources

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